Yohann Savinsky a effectué son premier entraînement de dynamophilie à 18 ans, un sport qu’il pratique toujours aujourd’hui. Son programme d’entraînement est composé de quatre entraînements par semaine.

La beauté de faire du sport

CHRONIQUE / Comme bien des jeunes, j’ai commencé à jouer au hockey à l’âge de 6 ans. Au sein de mes équipes, malgré ma position de gardien de but, j’étais réputé pour être le plus fort. À l’âge de 17 ans, j’ai débuté l’entraînement au Cégep de Chicoutimi pendant mes pauses de dîner pour prendre de la masse musculaire. Je faisais des entraînements d’hypertrophie (comme nous le voyons dans le culturisme), mais je voulais toujours être plus fort. Plus l’année avançait et plus je me rendais compte que la force m’importait beaucoup plus que la taille de mon physique.

À 18 ans, quelques mois après ma dernière saison en tant que hockeyeur, j’ai décidé de contacter le propriétaire du Mofo de Jonquière afin de lui faire part de mon désir « d’être plus fort ». C’est à ce moment-là, en 2015, que j’ai effectué mon premier entraînement de dynamophilie et je n’ai jamais arrêté depuis.

Des gains sur le plan personnel

Depuis que je pratique ce sport, j’ai fait des gains sociaux, mais j’y ai aussi vécu des pertes. Je veux dire par là que je suis maintenant en contact avec plusieurs autres athlètes au Canada et à travers le monde, mais j’ai aussi perdu des amis de longue date à cause de mon mode de vie excessivement strict.

Outre l’aspect social, ce sport, comme tous les autres, est une école de vie. J’y apprends la discipline, la persévérance, la conjugaison avec les hauts et les bas reliés à mon sport ou à ma vie personnelle, le travail, l’acquisition d’une force mentale, le fait d’être en mesure d’accepter le chemin que nous devons parcourir avant d’atteindre un objectif et, à la toute fin, apprécier la récolte.

La discipline

Le programme se compose de quatre entraînements par semaine. Chacun des entraînements dure entre 3 et 4 heures. Cependant, lorsqu’on fait ce sport pour performer, ça ne se limite pas seulement qu’aux entraînements. Je pourrais même affirmer que c’est le temps entre les entraînements qui est le plus difficile. Il me faut dormir entre 8 et 10 heures par nuit. Bien sûr, dormir est une chose, mais s’assurer de tomber dans un sommeil profond/paradoxal chaque nuit, pour que la récupération physique et mentale soit la plus optimale possible, en est une autre.

Ensuite, il y a l’alimentation qui se doit d’être saine et équilibrée. Il faut que je m’assure de manger une certaine quantité de protéines, de gras, de glucides, ainsi que d’autres nutriments pour obtenir un certain nombre de calories. C’est pourquoi j’ai besoin de manger 6 à 7 repas variés jour après jour.

S’ajoutent à cela les traitements en chiropractie et/ou en physiothérapie, soit pour prévenir les blessures ou carrément les guérir, soit contrôler une ou des douleurs. Dans mon cas, un traitement chiropratique à toutes les 2 semaines, voire même toutes les semaines, est essentiel à ma santé physique.

L’entraide à l’entraînement

Étant un sport individuel, l’entraînement peut être monotone. Au Mofo, nous sommes un petit groupe d’individus âgés entre 20 et 35 ans. Une fraternité s’est développée entre les membres, faisant en sorte que les entraînements sont beaucoup plus motivants. Tout le monde s’entraide, tout le monde est là pour nous dire ce qu’il y a à améliorer ou à changer au niveau des points techniques. Certaines personnes sont même devenues des ami (e) s proches en dehors du gym. Cette ambiance fait en sorte que ce sport individuel en est devenu un qui est un peu plus un sport « d’équipe ».

Motivation

La progression dans le sport ne dépend de personne à part nous-mêmes. Nous savons que tout ce qui est nouveau engendre une lune de miel d’une certaine durée. Cependant, cette lune de miel qui nous pousse à nous entraîner et qui nous donne de la motivation s’éteint un jour ou l’autre, tôt ou tard.

Cette motivation disparaît et elle se transforme en discipline. C’est pourquoi il faut pratiquer ce sport pour les bonnes raisons. Personnellement, si je persiste à continuer de pratiquer ce sport malgré les blessures, les hauts et les bas, les échecs et les réussites, c’est que j’y ai trouvé ma raison intérieure. Cette raison peut être de me libérer l’esprit après une grosse journée, d’évacuer certaines frustrations, d’évoluer spirituellement, toujours améliorer ce que je suis à travers les différentes sphères du sport, etc.

Quiconque pratique un sport devrait y trouver une motivation profonde. En ce qui me concerne, la dynamophilie ne se limite pas qu’à lever des poids. C’est pour moi un sport amusant et très gratifiant au point de vue personnel, un sport qui a amélioré ma philosophie face à la vie.

Yohann Savinsky