José Gagnon était bien fier de présenter quelques-unes de ses trouvailles et transformations d’objets lors de l’Expo Habitat de Saguenay.
José Gagnon était bien fier de présenter quelques-unes de ses trouvailles et transformations d’objets lors de l’Expo Habitat de Saguenay.

José Gagnon, le Mike Holmes du Saguenay

Mélissa Viau
Mélissa Viau
Le Quotidien
Depuis le mois de janvier, José Gagnon, qui a exercé plein de métiers au cours de sa vie, caresse un nouveau rêve. « Je viens de lancer mon entreprise Passion Home Staging », mentionne fièrement l’entrepreneur.

Amateur d’émission de décoration et de rénovation, c’est en se promenant en auto avec sa conjointe que l’idée a germé. « On s’est rendu compte que certaines maisons étaient à vendre depuis très longtemps. Je me suis dit que je pourrais peut-être les aider », se remémore-t-il.

Après avoir suivi un cours en décoration et design, il était prêt à se lancer. Installé à Saint-David-de-Falardeau depuis six ans, l’homme a toujours carburé aux défis. Devant une idée entrepreneuriale, la peur ne fait pas partie de ses options.

L’homme d’affaires s’inspire beaucoup de Mike Holmes, un constructeur/entrepreneur canadien, homme d’affaires, investisseur, animateur de télévision et philanthrope. « Je l’admire beaucoup. C’est vraiment mon modèle », avoue celui qui se dit aussi minutieux et professionnel.

Depuis qu’il offre ses services pour valoriser les propriétés afin d’en faciliter la vente, José constate que les résidences les plus difficiles à vendre sont souvent celles dont la cuisine n’est pas au goût du jour. « Mais quand je me mets à fouiller un peu, je découvre d’autres aspects comme la plomberie et l’électricité qui ne passeraient pas l’inspection », poursuit l’entrepreneur général. Avec ce titre, il peut donc offrir à ses clients de tout prendre en charge. Évidemment, le but est de redonner de la valeur à la maison sans exagérer sur le budget. « Au lieu de baisser leur prix de 15 000 $, les vendeurs choisissent habituellement de faire les réparations. »

Une maison est un des plus gros investissements de notre vie. Partant de ce principe, José croit que la dynamique qu’on y retrouve est indispensable. « Notre maison a une influence sur nos émotions. Moi j’aime changer de décor. Au début des années 2000, j’ai acheté, rénové et revendu plusieurs maisons dans lesquelles j’habitais de six mois à un an. »

Héritage

Fasciné par l’histoire des objets, au travers de la décoration et de la rénovation, le propriétaire de Passion Home Staging admet que sa grand-mère y est pour beaucoup. José a grandi entouré d’une grand-mère qui recyclait, récupérait et réutilisait tout ce qui lui tombait sous la main.

« C’était une ramasseuse compulsive ! La maison était un vrai labyrinthe », se rappelle celui qui a grandi au Saguenay. Économe, la dame pouvait donner quatre vies à un même objet. « Elle tricotait et cousait pour toute la rue. Elle était tellement généreuse. Elle donnait à tout le monde », se souvient l’homme de Falardeau qui a hérité de plusieurs qualités de sa grand-mère. À son tour, José possède des conteneurs pleins de matériaux de déco, dénichés un peu partout, et qui attendent le bon moment pour raviver l’âme d’une maison. Il parcourt la région régulièrement pour trouver ses trésors. Tout comme sa grand-mère, il prend un plaisir fou à donner une deuxième vie aux objets. « Dans une pièce, un meuble en érable n’aura pas le même impact qu’un meuble en mélamine », remarque-t-il.

Le père de deux enfants compte léguer un héritage bien particulier à ses filles. « Je leur ai gardé des meubles qui ont appartenu à mes grands-parents », précise José. Comme il adore magasiner, il offre souvent ses trouvailles en cadeaux. « Je préfère donner plutôt que recevoir. Ça me rend mal à l’aise de recevoir. »

Parcours

Dès la fin de ses études secondaires, José s’est dirigé vers le cégep pour poursuivre ses études en informatique. Dès qu’il arrive sur le marché du travail, enfermé dans son cubicule, il se rend compte que ce travail n’est pas pour lui. « J’ai besoin de voir des gens. J’aime parler, partager et apprendre des autres », raconte-t-il. C’est finalement dans le domaine de la construction qu’il se sent plus près de sa passion. « J’ai monté les échelons, passant d’apprenti à compagnon pour ensuite me lancer à mon propre compte comme entrepreneur général. Quand la compétition est devenue trop agressive en construction, j’ai vendu de l’assurance. Et là, je suis revenu à mes anciens amours », conclut José Gagnon.