Hugues Savard et son fils Benoît pendant les traitements

Hugues Savard en route vers Compostelle

Depuis de nombreuses années, la musique est au coeur du quotidien d’Hugues Savard. Mais la guitare, si importante soit-elle dans la vie de ce professeur de musique originaire d’Hébertville, a été temporairement mise au rancart en février 2016. C’est à ce moment que son fils, Benoît, qui avait 10 ans à l’époque, a reçu le diagnostic de la leucémie.

«C’est un peu comme une paralysie. Ça arrive abruptement. Tu ne t’en attends pas du tout. Tu mets tout le reste de côté, tout de suite. Il n’est plus question de travail, il n’est plus question de rien d’autre. Tu ne penses qu’à ça», raconte le musicien, rencontré dans le local où il dispense des cours de guitare à l’Atelier de musique de Jonquière.

La leucémie de Benoît a changé la vie d’Hugues Savard, qui a appris que son fiston était malade alors qu’il foulait les planches avec son groupe, Les Quêteux du Lac-Saint-Jean.

La maladie s’est manifestée, chez Benoît, sous forme de fatigue extrême. Lors d’un match, le jeune hockeyeur n’allait pas bien du tout et son entraîneur l’a retiré du banc. On l’a ensuite conduit à l’hôpital.

Benoît et Carey Price

«Il était vert», raconte Hugues Savard, qui paraît a priori un tantinet réticent à rebrasser tout ça. Car il faut savoir qu’aujourd’hui, Benoît va bien. On peut dire qu’il est guéri et la vie a donc repris son cours. Mais le papa, lui, porte encore les traces d’une période difficile. L’intrusion de la maladie dans la cellule familiale a eu un impact sur le prof de guitare.

«Quand on est arrivés au CHUL (Centre hospitalier universitaire de Québec – Université Laval), ça n’a vraiment pas été long avant qu’on nous confirme que c’était une leucémie. Dès les premiers tests, les médecins savaient que c’était ça. J’avais des connaissances grossières au sujet de la maladie. Comme la plupart des gens, je savais que c’était un cancer du sang. J’ai fait des recherches sur le Web. C’est la pire erreur que j’ai faite! », se remémore le musicien, qui s’est retrouvé devant des scénarios catastrophes.

Le jeune hockeyeur Benoît Savard a reçu le diagnostic de leucémie il y a deux ans. Aujourd’hui, il se porte bien et a rechaussé les patins.

S’il raconte tout cela aujourd’hui, ce n’est donc pas pour larmoyer. Bien au contraire, Hugues Savard précise que Benoît regarde droit devant et semble en être sorti complètement indemne, lui qui a terminé son protocole de traitements, échelonné sur deux ans, au printemps dernier. Le jeune sportif avait une santé de fer avant que la maladie frappe. Il a donc extrêmement bien réagi aux traitements de chimiothérapie. Si bien qu’au cours de la deuxième année du protocole, il a rechaussé les patins.

Hugues Savard partage son histoire parce que la maladie de Benoît l’a placé sur le chemin des gens de Leucan, un organisme qui vient en aide aux familles d’enfants touchés par le cancer et qui a permis à Benoît de vivre des expériences hors du commun. Dès le départ, le guitariste savait que le moment venu, il trouverait une façon de redonner à la cause.

Défi Huma 2019

Ce retour d’ascenseur se traduira par un pèlerinage à Compostelle, en avril. Quand Hugues Savard a eu vent du Défi Huma 2019 au profit de Leucan, il a décidé de se lancer. Il franchira donc 260 kilomètres à pied, dans la portion espagnole du trajet, sur une période de deux semaines.

«J’ai voyagé un peu, mais je n’ai jamais pris l’avion de ma vie. J’ai un ami qui habite en France. Depuis des années, je me dis que je vais aller le voir, mais chaque année, souvent pour une question d’argent, je remets le voyage. Quand j’ai vu qu’il y avait un pèlerinage, j’ai dit : ‘‘J’embarque!’’», lance Hugues Savard, heureux de joindre l’utile à l’agréable.

Musicien accompli et professeur de guitare, Hugues Savard participera au Défi Huma 2019 à Compostelle pour Leucan, en avril. Pour atteindre son objectif financier de 3000$, il organise un concert de musique qui aura lieu le 16 novembre à la salle Orphée de l’Atelier de musique de Jonquière.

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UN VOYAGE INTÉRIEUR

Hugues Savard arpentera la portion espagnole du chemin de Compostelle au rythme d’environ 25 kilomètres par jour. Le périple sera exigeant physiquement, mais l’habitué de randonnée pédestre n’est pas du tout contrarié par la longueur du parcours. Ce qui le rend fébrile, admet-il, c’est le voyage intérieur qui l’attend. Hugues Savard a besoin de cet exercice d’introspection pour passer à autre chose, pour fermer le chapitre couvrant la maladie de Benoît, lequel s’est échelonné sur deux ans. 

« Ce sera pour tourner une page, mais aussi comme un symbole d’espoir. Je suis reconnaissant envers tous les enfants qui ont donné leur vie. En 20 ans, le taux de rémission pour la leucémie est passé de 20 pour cent à quelque chose comme 90 pour cent. C’est énorme ! Ce qui a été le plus marquant pour moi pendant ces deux années-là, c’est de m’imaginer le nombre d’enfants qui sont morts pour qu’on en arrive là, aujourd’hui. La science a pu avancer grâce à eux. C’est comme merveilleux et tragique en même temps », pense Hugues Savard, qui rappelle que l’avenir brille pour son fils.

« La leucémie, ils sont capables de la faire disparaître très tôt. Mais le défi, c’est qu’elle ne revienne pas », pointe le Jeannois. 

Chausser les bottes de marche et se sentir presque englouti par l’immensité des montagnes aura quelque chose de salvateur et de purifiant pour le musicien.

« Il faut avoir la foi en quelque chose de plus grand. Je ne parle pas nécessairement de religion. Il faut avoir la foi dans notre capacité de guérir. Avoir la foi en la vie », conclut le guitariste, habité d’une sérénité perceptible, un air de quiétude qui le caractérise bien. 

Les Quêteux du Lac-Saint-Jean, le groupe de musique d’Hugues Savard, prendront part au Concert pour Compostelle et partagera la scène avec d’autres musiciens de la région.

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UN SPECTACLE QUI PROMET

Pour participer au Défi Huma 2019 de Leucan, Hugues Savard doit amasser 3000$. Afin d’atteindre son objectif, il mettra son talent et celui d’amis musiciens à profit, lors d’un concert qui aura lieu le 16 novembre, à 20h, à la salle Orphée de l’Atelier de musique de Jonquière. 

Les billets coûtent 25$ et, si l’on se fie aux dires de l’organisateur, les mélomanes en auront pour leur argent. Reconnue pour son acoustique remarquable, la salle Orphée réunira des artistes de la région comme Sylvie Jean, Nancy Tremblay, Francis Larouche, Pascal Bouchard, Éric Galarneau et, bien sûr, le groupe de musique traditionnelle d’Hugues Savard, Les Quêteux du Lac-Saint-Jean.

Quelque 150 billets doivent trouver preneur. Pour convaincre le public d’assister au spectacle, Hugues Savard vend très bien sa salade. «Il y aura des chansons originales et de très bons ‘‘chansonneurs’’ d’ici. Ce sera un spectacle entièrement acoustique, ce qui est rare par les temps qui courent. Ce sera une belle soirée de musique. Tous les musiciens qui vont monter sur scène ont une belle dynamique entre eux. Le prix du billet n’est vraiment pas cher pour la qualité du spectacle. Ce n’est pas gênant», affirme Hugues Savard, qui promet tirages, bouchées et ambiance enveloppante. 

Le musicien précise que les 3000$ nécessaires à sa participation au défi n’incluent pas les frais relatifs au voyage, qu’Hugues Savard assumera lui-même. 

Les billets pour Concert vers Compostelle sont disponibles à l’Atelier de musique de Jonquière, ou au 418 548-0707.