En août 2014, l’abbé Gérald Linteau a célébré les funérailles d’Émilien Bédard, le frère de l’ex-ministre Marc-André Bédard et un homme très impliqué dans sa communauté, notamment au service des mouvements d’action catholique, d’apostolat laïque et des organismes familiaux.

Gérald Linteau: un saint si proche de nous!

CHRONIQUE / « Nous sommes tous et toutes appelés (es) à être des saints ou des saintes. » Ouf ! Gros contrat pour de simples et humbles chrétiens ou chrétiennes. Et pourtant j’en suis convaincue ; c’est notre mission. Je n’oserais pas affirmer que j’en suis une [sainte], mais je constate qu’il y en a autour de moi, comme il y en a indéniablement autour de vous. Je me plais souvent à dire que le saint ou la sainte d’aujourd’hui, loin d’être celui ou celle qui est parfait, c’est cette personne qui est arrivée à identifier le meilleur d’elle-même et à le pousser au maximum. En psychologie, on appelle ça l’accomplissement de soi. En théologie, on pourrait appeler cela... la sainteté.

Je trouve que c’est beaucoup plus accessible dit comme ça. Il y a bien sûr ceux et celles que l’Église reconnaît officiellement et qui font partie du calendrier liturgique. Mais aujourd’hui, comme c’est la fête du Dieu Trinité – l’équipe composée du Père, de Jésus et de l’Esprit-Saint –, j’aime aussi penser à ceux et celles qui oeuvrent pour cette même équipe, mais officieusement. C’est ainsi qu’il m’est possible d’en reconnaître quelques-uns autour de moi. D’autant plus que leur témoignage de vie me donne le goût, à mon tour, d’oser cette aventure de la sainteté !

Une fondation au nom de Gérald Linteau

C’est pour cette raison que je souhaiterais vous parler d’une personne qui, selon moi – et d’autres aussi –, est arrivée à pousser le meilleur d’elle-même au maximum.

Pour cela, il me faudra rappeler un peu son oeuvre, car elle fut des plus marquantes. Il s’agit de l’abbé Gérald Linteau.

Tout récemment dans ce journal, on a annoncé la mise en place d’une fondation portant son nom, afin de lui rendre un hommage posthume. Et cela ne m’étonne pas. Car je suis convaincue que le meilleur chez Gérald fut de croire inconditionnellement à la capacité des jeunes à se prendre en main et à contribuer à rendre le monde meilleur autour d’eux.

Pour Gérald, la foi, c’était croire assez fort en soi, et tant mieux si c’était aussi en Dieu, pour donner des mains et des pieds à la construction d’un monde plus humain, plus fraternel et plus juste. Il arrivait toujours à s’entourer de personnes avec juste assez de folie pour accepter d’embarquer dans ses idées et de réaliser des projets dont certains perdurent encore aujourd’hui.

Les oeuvres de Gérald, c’est le Centre du Lac-Pouce, Les Entreprises-jeunesse, la Place du Presbytère et une douzaine d’autres corporations d’économie sociale ou dédiées à la réinsertion des jeunes. Gérald aura été un mentor pour plusieurs, comme pour moi. Chacun et chacune de nous étaient uniques devant lui ; c’est peut-être pour ça qu’il tutoyait les gens si facilement. Il ne se barrait pas les pieds dans les fleurs du tapis, pas plus qu’il ne passait par quatre chemins ! Il était empreint d’une grande simplicité, tant auprès des plus petits qu’auprès des mieux nantis de la société, et c’est peut-être une des raisons qui faisait que nous nous sentions si bien en sa présence.

Des Oeuvres issues d’une vision, d’efforts et de richesses humaines

Ici, je me dois d’être honnête : Gérald n’aurait pas aimé qu’on dise de lui qu’il était un saint, car il n’aimait pas tant qu’on parle de lui. Il disait que ces organismes n’existaient pas grâce à lui, que ces oeuvres étaient le résultat de la mise en commun d’une vision, d’innombrables efforts et de richesses humaines.

La contribution de Gérald consistait souvent à rassembler des personnes et être une importante courroie de transmission, insufflant à d’autres et avec d’autres des projets créateurs qui rappellent ceux d’un certain Nazaréen du nom de Jésus. Gérald aura été un réel leader-accompagnateur.

Aujourd’hui, ses oeuvres lui survivent, lui qui nous a quittés en 2016. Au fond, le meilleur de lui-même, les convictions et les valeurs qu’il a mises de l’avant toute sa vie sont devenues, en quelque sorte, nos convictions et nos valeurs. Ses oeuvres deviennent maintenant nos oeuvres, où d’autres hommes et d’autres femmes peuvent encore se tenir debout, prendre la place qui leur revient et contribuer ainsi à construire un monde meilleur.

En terminant, il reste que même si on ne verra probablement jamais son nom sur un calendrier liturgique, Gérald demeurera toujours pour moi « un saint si proche de nous ».

À qui le tour maintenant ? Il paraît que l’équipe du Dieu Trinité cherche encore de la main-d’oeuvre. Peut-être moi ? Ou vous ? Suffit de trouver le meilleur de soi-même et de le pousser à son maximum en rendant le monde plus beau ! Bonne route !

Renée Lepage

Agente de pastorale laïque