Mgr René Guay

Évêque: un rôle plus spirituel

CHRONIQUE / L’Église catholique au Saguenay-Lac-Saint-Jean recevra son nouvel évêque, Mgr René Guay, le 2 février prochain. Comme dans tout groupe religieux ou toute communauté croyante, la manière d’assumer le leadership a une grande influence sur la vie des membres ou des fidèles.

Plusieurs croient que les catholiques mettent trop d’emphase sur leurs leaders, à commencer par le pape. La plupart voient en ces pasteurs de véritables guides spirituels. D’autres, plus rares, vont jusqu’à élever ces hommes à titre de « représentants de Dieu (du Christ) sur la terre ». Quelle importance ont-ils réellement dans la vie des communautés?

Selon la tradition catholique, les évêques sont reconnus comme les successeurs des apôtres. Les évangiles présentent Jésus appelant, parmi ses disciples, les « Douze » qu’il envoie à sa suite pour annoncer l’Évangile. Dans l’Église naissante, les apôtres ont désigné les remplaçants de leurs frères décédés. 

Chargés plus spécifiquement de la gouvernance des Églises locales (diocèses), leur nombre n’a cessé d’augmenter à mesure de l’expansion du christianisme. Ils sont plus de 5200 actuellement dans le monde.

En collégialité avec tous les évêques, l’évêque est le gardien de la tradition, actualisant, au fil des siècles, la compréhension des « mystères » de la foi. Sous l’autorité du pape, il est chargé d’enseigner la vérité de la Parole de Dieu reçue dans la Bible et dans la Tradition vivante. 

Lorsqu’il est présent, le « premier pasteur » de l’Église locale préside le culte, rendant ainsi visible l’unité diocésaine. Il doit parfois arbitrer les conflits et discerner la conformité de points de vue exprimés de même que certaines pratiques. Il est également le signe de la communion de l’Église locale avec l’Église universelle.

L’évêque doit voir à l’épanouissement de la foi des fidèles dans le cadre des diverses formes de communautés. Si les paroisses demeurent le véhicule privilégié pour dispenser les services religieux sur tout le territoire diocésain, la transformation de la pratique des baptisés apporte son lot de questionnements et de réformes. L’évêque doit néanmoins garantir le droit des baptisés à recevoir les « soins spirituels » qui leur conviennent, à commencer par les sacrements, l’éducation de la foi à tous les âges et l’accompagnement des diverses situations de vie. 

Enfin, l’évêque doit administrer les biens de son Église et veiller à la charité envers les plus démunis. Les premières communautés chrétiennes vivaient un esprit de partage qui les rendait sensibles aux veuves et aux orphelins, obligés de recourir à la mendicité pour survivre. Ce service de la charité s’est étendu à toutes les formes de pauvreté. 

Marcheur avec d’autres

Au-delà des fonctions traditionnelles, l’évêque est avant tout un être humain avec son histoire de vie, sa formation, ses expériences, ses succès et ses échecs. Il ne doit pas être placé au-dessus de l’assemblée pour être adulé. Si la dignité de la fonction suscite le respect des fidèles, elle accentue la pression de témoigner d’une vie exemplaire et d’une sollicitude qui n’exclut personne. 

Par son caractère propre, chaque évêque apporte sa couleur singulière à la fonction. C’est ce qui procure la diversité au sein des évêques. Ainsi on peut véritablement parler d’héritage personnel lorsqu’il se retire de sa charge. 

Le nouvel évêque sera certes différent de son prédécesseur. Mais il est probable qu’il agisse différemment de l’homme et même du prêtre qu’il a été avant son élection, car il est reconnu que le rôle exerce une influence sur la personne. 

Toutes les personnes assumant une fonction majeure de leadership dans une organisation religieuse sont sujettes à une attention importante et souvent à des critiques. Plus un leader spirituel se comporte de manière autoritaire, plus il risque de choquer les mentalités, car les hommes et les femmes de notre temps ont moins besoin d’être dirigés par des chefs religieux que d’être reconnus dans leur autonomie et accompagnés, à leur demande et selon leurs besoins, dans leur propre cheminement spirituel. 

Jocelyn Girard,

Institut de formation théologique et pastorale