Une année à attendre les prochains congés

CHRONIQUE / Chaque jour férié que nous offre le calendrier rallume la même réflexion. Serions-nous de meilleurs employés si nous avions seulement qu’à travailler quatre jours par semaine ? La question a sa raison d’être. Après tout, le Parti québécois (PQ) l’a même proposé, en 2003, à travers une promesse électorale de loi-cadre sur la conciliation travail-famille.

La suggestion du PQ comprenait, notamment, la réduction de la semaine de travail de 20 % sans amputer les avantages sociaux.

Avouons qu’il s’agit là de l’ultime rêve professionnel pour tout employé.

Qui est assez fou pour refuser cela ? Probablement quelqu’un qui n’est pas bien à la maison ou qui en a assez du temps passé avec son conjoint.

J’en conviens, c’est un tout autre dossier et je m’égare.

À l’époque, le Parti québécois évaluait la mesure à 100 millions de dollars pour les entreprises alors que celles-ci penchaient plus entre 200 et 300 millions de dollars.

Mardi, vous êtes plusieurs à avoir retrouvé le boulot avec le sentiment d’avoir profité de la longue fin de semaine. Après tout, les huit heures au bureau ont été remplacées par davantage d’heures passées à la maison.

Quelques fois par année, la semaine de travail de plusieurs Québécois est écourtée au profit de fins de semaine allongées.

Remercions la Loi sur les normes du travail, qui « comporte des dispositions concernant les jours fériés qui protègent la majorité des personnes salariées du Québec, qu’elles soient à temps plein ou à temps partiel ».

Un bref séjour dans une autre région, une journée de plus avec les enfants ou simplement le temps de profiter de la vie. Tout est matière à militer en faveur de la semaine de travail de quatre jours.

Je me ferai l’avocate du diable en posant une seule question. Est-ce que l’habitude, comme à peu près tout dans notre vie, finirait par porter ombrage au désir de profiter comme il se doit de ses 72 heures de repos ?

J’ai bien peur que si.

J’ai applaudi, il y a quelques années, l’initiative du Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix d’ajouter deux semaines de relâche au calendrier scolaire.

Les congés pédagogiques saupoudrés pendant les 180 jours de classe ont ainsi été regroupés.

Voilà une option qui s’appliquerait fort bien à notre milieu de vie professionnel.

Je n’ai jamais compris pourquoi nous devions presque tous travailler pendant 50 semaines avant de profiter de seulement deux semaines de vacances, et ce, en été.

N’est-ce pas là une parfaite stratégie pour s’épuiser ?

Je préfère, de loin, m’absenter à gauche et à droite.

Dans mon cas, il s’agit de trois pauses annuelles. N’empêche qu’elles sont bénéfiques. J’aime bien une petite semaine à l’automne, une autre au printemps et une dernière à l’été.

Je préfère, de loin, offrir un effort de quelques mois et de bénéficier d’une semaine de congé plutôt que de travailler plus de 11 mois dans l’objectif de profiter de quelques semaines de pause.

J’expose cette suggestion en étant passionnée par mon travail. J’ose à peine imaginer la torture d’occuper un emploi qui nous rend indifférents 50 semaines par année en s’accrochant, tant bien que mal, à deux semaines de congé.

À mes yeux, le court bonheur d’une quinzaine de journées de congé ne vaudra jamais le prix à payer que représentent les 350 autres journées de l’année.