Un leader, pas un serviteur SVP

CHRONIQUE / «Je payerais pour faire ça.»

C’est ce qu’un échevin de la région m’a confié récemment en me parlant de son rôle d’élu. Il jubilait d’être assis à la table du conseil. Son rêve !

J’étais heureuse pour lui. Tant mieux s’il aime son rôle d’échevin. Une passion de retraité, quoi!

Son collègue de la table du conseil disait la même chose, me répétant abondamment qu’il était au service du citoyen, qu’il travaillait pour les rendre heureux et réaliser les projets que les habitants du quartier réclament, comme réduire une limite de vitesse ou améliorer le déneigement. 

C’est probablement ce que les gens attendent des échevins. Moi, non. Ma définition est bien différente.  

Je m’attends à ce que les conseillers me tirent vers le haut. Qu’ils amènent la municipalité à un niveau supérieur. Les élus doivent faire partie des citoyens les plus intelligents, qualifiés et innovants de la ville. «  Tu as des attentes élevées », m’a lancé en riant un collègue. Selon lui, le rôle d’un échevin devrait plutôt ressembler à celui d’un chevalier de Colomb. Un bénévole hors pair qui sait motiver ses troupes et amasser des sous pour les organismes de son quartier. Chacun sa définition. 

«  Mais il faut qu’il règle les trucs du quotidien du quartier, comme le déneigement, les travaux de voirie  », me lance un autre collègue. Ça ressemble à un travail de fonctionnaire, non? 

Le concept de serviteur, utilisé ad nauseam dans les campagnes électorales, ne me séduit pas non plus. Au contraire. Dans un système qui désintéresse les citoyens, ça prend davantage de gens visionnaires, innovants et surtout qui ont des idées. Si on se fie à l’avis des 20 personnes qui assistent aux consultations publiques, on n’ira pas loin. La majorité est silencieuse, ai-je besoin de le rappeler? Malheureusement, les citoyens ont d’autres chats à fouetter que les affaires municipales. Pourtant, c’est le niveau qui devrait les intéresser le plus. 

Ils donnent leur confiance aux élus, d’où l’importance d’avoir des gens plus que qualifiés et non seulement des passionnés de politique. Rassurez-vous, je ne fais pas une ode au totalitarisme. Même si des fois...

«  Présente-toi si tu penses faire mieux  », me direz-vous. Même si la politique m’intéresse, me passionne, je ne fais pas partie des citoyens les plus intelligents et innovants de ma ville. Je suis loin d’être suffisamment qualifiée pour amener ma ville à un autre niveau. La passion ne suffit pas pour être candidat. Du moins, c’est mon humble avis. 

Heureusement, il y en a des conseillers modèles. Fiou! 

Et ceux qui travaillent le plus, ce n’est pas nécessairement ceux qu’on voit sur les unes des journaux. Ne l’oubliez pas.