Un amour rationnel

CHRONIQUE / Comment se porte votre compte bancaire ?

Question particulière, j’en conviens. Encore plus au lendemain de la fête de l’amour, la fameuse Saint-Valentin.

164 $, c’est la moyenne qu’auront dépensée les Canadiens à l’occasion de la Saint-Valentin. Peut-être un peu plus pour certaines personnes qui partagent l’amour avec plusieurs partenaires, mais ça, c’est un autre dossier. Et gardons en tête que le divorce coûte encore plus cher.

Les Canadiens sont chiches, du moins, plus que leurs voisins américains. De l’autre côté de la frontière, c’est un peu plus de 200 $ qui est dépensé pour l’être cher que j’aurais tendance à qualifier de cher être.

À travers la planète, 13 milliards de dollars sont dépensés, 198 000 000 roses sont produites et 180 millions de cartes sont offertes pour cette journée de mi-février. Visiblement, il est faux de penser que nous pouvons vivre d’amour et d’eau fraîche.

Bijoux, fleurs, souper au restaurant ou escapade en amoureux, je dirais bien oui à tout cela, mais je suis trop rationnelle.

Alors que certaines femmes ont de grands rêves de princesse, de mariage et de démonstration de leur amour, de mon côté, j’ai l’impression d’être en couple avec une calculatrice.

Voyez-vous, j’ai de la difficulté à dépenser sans but, et ce, même si c’est pour ma douce moitié. Pas certaine que mon mari est du même avis, mais ce n’est pas mon point.

Soyez rassuré, pauvre petit mari a reçu une traditionnelle boite de chocolats et une autre attention. Mais rien d’exagéré. Je suis davantage interpellée par les expériences. Plutôt que de s’offrir mutuellement des cadeaux valant quelques dizaines de dollars, je préfère convenir avec mon mari d’un achat ou d’un projet majeur.

Par exemple, nous nous sommes pigés lors de la dernière pige de cadeaux familiale. Plutôt que d’y aller pour des cadeaux qui n’auraient probablement pas été utiles, nous avons fait le choix de mettre de côté des sous en prévision d’un voyage. Pour vous dire, j’ai même déjà demandé un robinet de cuisine pour mon anniversaire.

Pas très romantique, j’en conviens. Mais cette façon de se faire plaisir comble mon esprit cartésien.

Je sais, c’est plate, presque triste d’être autant rationnelle. Me voilà en pleine fête de l’amour en train de planifier et organiser nos petites intentions. Pauvre petit mari, vous avez bien raison !

Traitez-moi d’avare, d’économe ou de sans-coeur. Je préfère, de mon côté, me qualifier d’amoureuse astucieuse.

Et si jamais mon pauvre petit mari a l’intention de déroger à la planification de la fête de Cupidon, je ferai exception à mes principes et accepterai avec plaisir cette surprise...