La compagnie de transport aérien Wow Air offre une image plus jeune des l’aviation. Cela se réflète même à l’intérieur de la cabine. Photo tirée d’un voyage en Islande.

Un aller simple pour sauver le monde

CHRONIQUE / J’ai la vacance facile.

Dès que je ne dors pas dans mon lit, que ma vie se résume au contenu d’une valise ou que je n’ai pas de vaisselle à faire, je me considère en vacances. Vous comprendrez que dans mon cas, faire l’épicerie relève presque de l’aventure.

Ironiquement, c’est un tragique accident d’autocar sur une route américaine qui m’a ouvert les yeux sur la beauté et la fragilité de la vie ainsi que sur la chance de pouvoir voyager. Voyez-vous, c’est à la fois beau et fascinant l’être humain!

S’agit de passer bien près de laisser sa vie sur le bord de la route pour avoir envie de repartir encore plus.

Il y a de ces vacances plus chanceuses, celles qu’on tente d’imbriquer dans l’agenda, au moins, une fois par année. Celles qui impliquent un vol d’avion, peu importe la destination. En fait deux vols d’avion, faut bien y aller et en revenir.

C’est en mettant les pieds dans l’aéroport que je vis le plus beau moment de mes voyages. Cela peut sembler simpliste, que voulez-vous, j’adore l’univers de l’aéroport.

Je pourrais vous casser les oreilles en chantant: « Il est où le bonheur, il est où? Il est là le bonheur, il est là».

Je profite de l’excitation reliée à l’attente d’embarquer dans l’avion et de se rapprocher de l’ultime étape, celle de décrocher! Il y a aussi tous ces petites boutiques et cafés qui meublent l’attente et vident le portefeuille.

Les habitués de l’aéroport

Dire que certains finissent par se lasser de prendre l’avion parce que c’est devenu aussi commun dans leur quotidien que de faire la vaisselle.

D’ailleurs, ils font quoi de leur vie? La citoyenne de la banlieue almatoise que je suis se demande bien tout ce que ce beau monde fait, valise et passeport à la main.

J’ai peine à concevoir que des gens prennent l’avion pratiquement chaque semaine, soit presque aussi souvent que je fais la route Saint-Bruno–Saguenay.

Pendant que je me questionne quant au CV de ceux que je croise à l’aéroport, certains ont le sort de l’univers entre leurs mains ou dans leur bagage à main.

Soyons francs! En veston-cravate, marchant d’un pas d’une vitesse digne des Olympiques, suivis de près par une valise clairement plus en forme que la mienne, ces personnes ne sont pas en route vers une belle semaine à Punta Cana.

Clairement, ils sont en route pour sauver le monde ou brasser des affaires. Mais je préfère, de loin, m’accrocher à la première option.

C’est Charlebois qui chantait : « Alors chu r’parti / Sur Québec Air / Transworld, Nord-East, Eastern, Western / Puis Pan-American / Mais ché pu où chu rendu ».