Les gens dépensent en moyenne plus de 600 $ pour un bal de finissants.

Tout est grandiose lors des bals de finissants

CHRONIQUE / Si ça continue à ce rythme, ma fille va célébrer son premier bal à 4 ans. La fin de la garderie, ça se fête. Je commence déjà à mettre des sous de côté pour le photographe, la robe...

J’exagère à peine. Chaque transition est fêtée comme la plus grande des réussites. Les parents ne ménagent aucun effort pour célébrer leur petite progéniture... même s’ils viennent juste de terminer le primaire. Mon amie vient d’ailleurs d’organiser une grosse fête pour toute la classe de 6e année de son fils. Elle est tellement fière de son garçon, comme s’il venait de décrocher le prix Nobel de médecine.

Je comprends. Je regarde ma fille comme la huitième merveille du monde quand elle réussit à remettre le bouchon sur un crayon. Imaginez ma réaction lorsqu’elle va dire sa première phrase.

Probablement que je vais virer comme tous ces parents qui ont cette semaine inondé Facebook de photos de leur enfant à son bal. Mes amis ont publié des dizaines de photos de leur jeune.

La mode est encore aux robes à paillettes et au chignon remonté. On change la couleur de la robe en blanc et on se croirait à un mariage. Les robes sirènes ont cependant la cote, faisant diminuer le fléau de la pose quétaine de la femme assise dans le gazon pour montrer l’étendue de la traîne.

Heureusement, ça coûte moins cher qu’une célébration de l’amour. Mais quand même. Les gens dépensent en moyenne plus de 600 $. Ça, ça veut dire que certains mettent plus de 1000 $ dans le bal de leur adolescent.

À l’époque de mon adolescence, qui n’est pourtant pas si lointaine, les choses étaient un peu moins exagérées. On se tapait dans la main lorsqu’on avait payé notre robe moins de 100 $. Mais surtout, nos parents n’étaient pas invités à notre bal. Aujourd’hui, les mamans et papas entrent carrément dans les hôtels avec les jeunes. Ils ont même une table pour manger près de leur progéniture. Les choses changent!

Ce n’est pas qu’on les aimait moins nos parents. Au contraire. On était peut-être juste plus indépendants...ou plus malcommodes.

Loin de moi de vouloir faire de la psychologie à cinq cennes, mais cette tendance à rendre grandioses les étapes de la vie courante aura quel impact chez ces futurs adultes?

On ne peut qu’espérer qu’ils fassent mieux que nous!