L’absence d’un marché public sur le Vieux-Port de Chicoutimi est tout simplement illogique.

Tournons-nous vers la rivière

CHRONIQUE / En allant assister aux feux d’artifice de la fête du Canada au Vieux-Port de Chicoutimi, il y a deux semaines, j’ai rencontré mon tout premier patron, M. Morin. C’est lui qui m’a offert mon tout premier emploi d’été, dans les défuntes halles du Vieux-Port. Il était le propriétaire de la tout aussi défunte Boulangerie Morin, qui a malheureusement dû mettre la clé sous la porte il y a quelques années déjà. J’ai passé trois étés au Vieux-Port. Des étés achalandés, au cours desquelles je vendais des galettes aux habitués du Vieux-Port, du pain pour les clients qui faisaient leurs emplettes aux halles et du chocolat aux bleuets aux touristes.

Dans ce temps-là, la zone portuaire de Chicoutimi était bondée. Et ça me fait un peu de peine de voir ces halles à l’abandon, sans les producteurs d’ici qui vendent leurs produits sous un même toit. 

À l’ère où on encourage l’achat local et où les consommateurs se tournent de plus en plus vers nos propres producteurs, comment se fait-il que nous ayons laissé ce bâtiment se détériorer au point où on a dû l’abandonner ? L’absence d’un marché public, sur un site comme le Vieux-Port de Chicoutimi, est tout simplement illogique.

D’ailleurs, en participant au festival La Noce, le week-end dernier, je me suis dit que le site était sous-exploité, lorsqu’il n’y a pas d’événements qui s’y tiennent. L’organisation de La Noce avait aménagé des aires de repos avec hamacs et chaises berçantes, plusieurs petits camions de nourriture comblaient la faim des festivaliers et tous pouvaient admirer cette rivière qui rend les Saguenéens si fiers. 

Après La Noce, ces aires de repos, ces foodtrucks et ces festivaliers ont déserté les lieux. Et pourtant, ce site offre un attrait naturel absolument magnifique. Pouvons-nous en profiter tout l’été ?

Regardez ce que Lévis a fait sur le bord du fleuve Saint-Laurent, au quai Paquet. Des chaises longues en bois ont été installées face au fleuve avec la vue sur le Château Frontenac, en plus d’immenses fontaines d’eau, des bassins et des tables à pique-nique. Rien de bien extravagant, mais qui a su attirer bon nombre de Lévisiens, qui se sont réapproprié ce lieu au cours des dernières années. 

Même chose sur le bord du fleuve de l’autre côté, où il est possible de s’étendre au soleil tout en admirant le cours d’eau, le long du boulevard Champlain. Même chose au parc de La Pointe de Rivière-du-Loup.

Imaginez-vous donc qu’une fois passé le hangar du Vieux-Port et les jeux d’eau, il n’y a pas une seule table de pique-nique avec vue sur la rivière. Ce qui représente 600 mètres, soit un peu plus d’un demi-kilomètre. Je l’ai calculé, puisque je fréquente régulièrement cet attrait, histoire de faire quelques pas de course.

En m’y attardant bien, je me suis rendu compte que le Vieux-Port n’avait pas beaucoup changé depuis ma tendre enfance. Ah oui, il y a des jeux d’eau qui sont apparus au cours des dernières années. 

Les fameux jeux d’eau. Appréciés des enfants et de leurs parents et idéal pour une municipalité, puisqu’ils ne nécessitent ni grand entretien ni sauveteur, mais qui ne s’adressent pas aux adultes comme moi, qui aimeraient bien, aussi, se rafraîchir lors des chaudes journées. Sans passer pour une pauvre folle au milieu des jeux d’eau et des enfants.