Comme journaliste, on doit parfois parler de sujets où on est moins à l'aise.

Surtout, ne pas avoir l'air fou

CHRONIQUE / Comme journaliste, on doit parfois parler de sujets où on est moins à l'aise et, à l'instar de Patricia, j'ai aussi dû manoeuvrer, à mes débuts au journal, dans une situation qui me sortait de ma zone de confort.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je veux remercier ma collègue Patricia de m'avoir invité à compléter cette page, c'est un véritable honneur ! Je me dois aussi de la féliciter pour son excellent article sur le baseball des Voyageurs, c'était parfait.
Lors de mon embauche au Quotidien/Progrès, un certain jeudi il y a bientôt 18 mois, mon nouveau patron s'était montré plutôt apaisant, me disant que j'allais commencer à travailler la semaine suivante et que les premières journées allaient surtout être ponctuées des formations d'usage.
Mais alors que je revenais chez moi le vendredi, les bras remplis de sacs d'épicerie, le téléphone sonne. C'est mon patron. « Es-tu disponible demain (samedi) ?», m'a-t-il demandé. 
Entre vous et moi, j'aurais été solidement stupide de répondre non, que j'avais un souper en amoureux de prévu. J'ai donc répondu à sa question avec un candide « Bien sûr ! » Et de toute façon, c'était la vérité... ou presque.
Mon supérieur m'a alors annoncé que j'allais être affecté aux arts et spectacles. Pardon ? C'est ce que je me suis dit dans ma tête, mais j'ai plutôt rétorqué avec un : « ah oui ? Cool ! »
Pour faire un petit retour en arrière, dans mon « ancienne vie », je n'avais fait que des sports depuis la fin de mes études. Uniquement et strictement... que de la couverture sportive.
Je devais donc assister à la performance de l'humoriste Olivier Martineau au Théâtre Banque Nationale, un très longiligne individu dont j'ignorais l'existence. Ça faisait toutefois un an qu'il « roulait » au Québec avec son premier one man show, mais c'était sa première présence à Chicoutimi. 
Calepin à la main, je me suis présenté à la salle de spectacles déterminé à remplir ma mission, mais un peu nerveux et surtout avec le sentiment d'être un imposteur.
Honnêtement, je n'ai jamais autant pris de notes de toute ma vie. J'écrivais tout, absolument tout. De la couleur des souliers d'Olivier Martineau jusqu'au décor, en passant par les réactions de la foule et le nombre de bancs vides.
Dès la fin du spectacle, j'ai couru (vous avez bien lu) jusqu'à ma voiture, en direction de la salle de rédaction pour rédiger mon texte. Dans les circonstances, je pense que je me suis bien tiré d'affaire. J'ai conservé une ligne directrice assez simple et je n'ai pas dévié de la trajectoire.
Sans être dans mon élément, j'ai réellement apprécié mon expérience. À ce moment, je me suis dit que je n'étais pas qu'un « gars de sports », finalement. J'ai aussi eu une petite pensée pour mes enseignants au Cégep de Jonquière qui martelaient l'importance d'être polyvalent, de ne pas regarder vers une seule direction.
Ils avaient raison.
Il reste que le danger dans tout ça, c'est d'avoir l'air fou. À éviter. Je vous laisse sur ce sage conseil.