Patricia Rainville
Le Quotidien
Patricia Rainville

S’épuiser le corps pour se reposer l’esprit

CHRONIQIUE / Avez-vous l’impression que vos journées n’ont pas assez d’heures, que la liste des tâches à effectuer n’a jamais de fin et que vous êtes toujours pressés ? Peut-être souffrez-vous d’anxiété de performance.

Je suis probablement atteinte par ce trouble anxieux depuis bien longtemps, mais je ne l’ai su que dernièrement. C’est ma médecin qui m’en a fait part lorsque je lui ai dit que mes journées ressemblaient bien souvent à des sprints. C’est encore pire en vieillissant. Ou c’est la vie en général qui va plus vite. Et c’est réellement épuisant.

Je me mets facilement en mode urgence au travail et j’essaie d’accomplir les tâches le plus rapidement possible pour en faire davantage. Et plus on en fait, plus on veut en faire. Un cercle vicieux qui est bien difficile à contrôler et, surtout, bien difficile à soulager.

J’ai découvert dernièrement qu’une seule chose arrivait à me calmer les nerfs lorsque l’anxiété de performance prend le dessus. Non, ce n’est ni l’alcool ni la drogue. Heureusement pour moi et pour mon entourage. C’est plutôt le sport. Le jogging ou la randonnée sont les deux activités qui me permettent réellement de faire le vide, de me poser un instant. C’est cliché, mais c’est ça. M’épuiser physiquement me permet de me reposer mentalement. Le sport me force à garder un certain équilibre.

Je fais un boulot qui ne me fatigue pas tellement le corps, mais plutôt l’esprit. Mon chum roule presque des yeux lorsque je me plains d’avoir trop travaillé ou d’être fatiguée. C’est un gars de construction. Lui, il travaille fort avec son corps. Il a mal au dos, il est brûlé la fin de semaine. De mon côté, je passe ma semaine à écouter des procès, à taper sur mon ordi et à parler au téléphone. Mais lorsque la tête ne t’arrête jamais, ce n’est pas tellement mieux.

Ironiquement, j’ai découvert que courir un petit cinq ou six kilomètres, sans battre de records de vitesse, me permettait de me reposer. Et l’idéal, c’est lorsque je me jette dans le Saguenay après en avoir sué un bon coup. Les mêmes bienfaits qu’un après-midi au spa. Gratis à part de ça.