Se fier aux apparences

CHRONIQUE / Une amie Facebook publiait dernièrement des photos de son récent voyage dans le Sud, en compagnie de son chum. Les tourtereaux semblaient filer le parfait bonheur. Ils se minouchaient devant les vagues de l'océan, s'embrassaient devant la caméra, les pieds dans le sable et les cheveux au vent.
Ils avaient l'air si heureux, sur leur catamaran, la coupe de vin à la main. Ils dégustaient de bons petits plats, s'enlaçaient sur la place. Vraiment, un voyage de rêve. 
Ici, il faisait moins 1000 degrés, j'étais dans le jus par-dessus la tête au bureau, je tentais de me remettre au jogging et j'étais quelque peu de mauvaise humeur. Inutile, donc, de vous dire qu'un sentiment de jalousie s'est emparé de moi lorsque j'ai vu ces photos. 
Quelques jours plus tard, j'apprends qu'entre cette amie Facebook et son chum, ce n'était finalement pas si rose que ça en avait l'air. J'ai été surprise de l'apprendre, puisque les amoureux publiaient régulièrement des photos d'eux, partageant leur amour.
Je tiens à être claire. J'adore ceux et celles qui publient fréquemment des photos d'eux, de leur chum, de leur blonde, de leurs enfants ou de leur chien sur Facebook. Je ne peux pas chialer, car je le fais moi même! Et je sais que certains me trouvent parfois un peu tannante, avec mes selfies. Ça ne me dérange pas. Avouez que si personne ne partageait ses petits moments, qu'ils soient intéressants ou non, Facebook serait plate à mort. 
Quoi qu'il en soit, je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que c'est facile d'avoir l'air heureux sur les médias sociaux. J'en connais d'autres, des couples qui publiaient des photos d'eux, tous souriants, et qui se séparaient trois semaines après. 
D'ailleurs, samedi dernier, j'aurais très bien pu mentir à mes amis Facebook, moi aussi. Nous avions prévu une randonnée de raquettes en amoureux. Mais il s'avère qu'on a fait seulement quelques mètres, puisque mon chum s'était blessé quelques jours plus tôt lors d'une balade en motoneige et que le frottement de ses pantalons sur sa blessure n'avait rien d'agréable. On enlève donc nos raquettes et pour rire, je prends en photo nos paires de raquettes. Je me dis alors que je pourrais très bien la publier sur Facebook avec, en commentaire, «Ouf, quelle randonnée! Repos bien mérité après 8 kilomètres». Tout le monde n'y aurait vu que du feu. Nous aurions eu l'air de vrais sportifs qui passent leur samedi à faire du plein air. Mais, dans les faits, nous sommes retournés à la maison pour nous prélasser sur le divan. 
Bon, ça n'aurait pas été un très gros mensonge, et ça ne m'aurait pas donné grand-chose non plus. 
Mais, même si je le savais déjà, ça m'a fait réaliser qu'on pouvait vraiment faire croire n'importe quoi sur Facebook. Et le fameux «il ne faut pas se fier aux apparences» n'a jamais été aussi vrai.