Quoi de mieux que l'opéra Carmen pour un samedi soir hors de l'ordinaire ?

Samedi, soir de fête

CHRONIQUE / Un samedi soir devrait toujours être un soir de fête. Vous le tenez peut-être pour acquis, parce qu'il revient chaque semaine, mais le samedi soir devrait être l'occasion de sortir de l'ordinaire, de faire un truc nouveau. Croyez-moi, si vous travailliez toujours de soir et de fin de semaine, comme c'est le cas pour des centaines de travailleurs et travailleuses au Québec, vous traiteriez le samedi soir avec le respect qu'il mérite. Pas en écoutant un film devant la télé, non, en virant la ville de bord ! En courant toutes les activités mondaines en talons hauts, pas une sortie dans votre salon en pyjama à 19 h.
Vous l'aurez deviné, samedi soir dernier, j'étais en congé. Et qu'est-ce qu'on fait dans ce temps-là ? On va à l'opéra.
Tiens donc, pourquoi pas !
J'ai donc eu la chance de voir l'opéra Carmen, présenté par la Société d'art lyrique du Royaume. À voir les quatre ou cinq sièges seulement qui étaient vacants, je ne suis pas la seule qui se soit laissée convaincre par cette proposition ! Et comme nous avons eu raison !
Les décors, les costumes, les voix, les musiciens, tout était impeccable. Mon plus grand regret, c'est lorsque le tout a pris fin. Tous les artisans ont été chaudement ovationnés, un hommage pleinement mérité. Je les regardais et je me demandais à quel point il devait être cruel de travailler si dur, pendant si longtemps, pour quatre représentations. Chicoutimi n'est pas Broadway, on le comprend, et quatre est probablement le chiffre magique pour avoir des représentations à guichets fermés, mais cela demeure si bref pour autant d'efforts...
Tout ça pour dire que j'ai passé une excellente soirée et j'ai fredonné les airs de Carmen pendant une semaine (j'ai surpris quelques collègues qui en faisaient autant !).
Comme on ne peut pas aller à l'opéra chaque semaine - quoiqu'on devrait peut-être ! -, il faut quand même se rendre compte que ce n'est pas si évident que ça de trouver une activité un samedi soir de février, et c'est particulièrement vrai quand le mercure descend trop bas....ou monte trop haut ! Parce qu'on va se le dire, quand il fait -30 degrés Celsius, c'est comme s'il n'y avait plus aucune activité qui vaille la peine de sortir le bout du nez de chez soi. « Hey, as-tu entendu ça ? Paraîtrait que Brad Pitt est à moitié nu dans un bar de Chicoutimi et distribue des billets de 100 $ avec son numéro dessus ! » « Bof, j'irai peut-être faire un tour demain s'il fait moins froid...Si ça m'adonne... »
J'exagère à peine.
Heureusement, ça m'arrive plus souvent qu'avant d'avoir congé le samedi ou même le vendredi. Faut bien trouver un avantage à vieillir ! Il m'a fallu du temps avant de découvrir ce que le « monde normal » fait un samedi. La première fois que je suis allée à l'épicerie en après-midi, j'ai cru que j'étais tombée en plein Boxing Day. Je ne me souvenais pas avoir vu autant de gens se garrocher sur du pain baguette. Ça avait presque un certain charme.
Bon, peut-être qu'un jour, moi aussi je prendrai plaisir à profiter de mon divan et d'une doudou. Mais ce jour n'est pas arrivé. C'est samedi aujourd'hui. Et devinez quoi ? J'ai encore congé. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?