Une simple publication vantant les bienfaits d’une barre tendre par un athlète n’a rien d’anodin, aujourd’hui, sur les réseaux sociaux.

Rien de gratuit, même sur Internet!

CHRONIQUE / J’ai l’habitude, avant de débuter un projet, de m’inspirer. Cela se passe, bien simplement, grâce à une courte recherche sur Google, une visite sur Pinterest ou quelques minutes passées sur Instagram, l’un de mes réseaux sociaux préférés.

Cette manie s’applique à presque tout dans ma vie. Mes recherches sont vastes allant d’une deuxième vie pour un meuble à une simple recette pour le souper du mardi. Parfois, c’est pour un truc de grand-mère pour le nettoyage de la maison ou pour mon jardin. Là, c’est du sérieux !

À l’ère de la monétisation des « J’aime » et des abonnés, les suggestions provenant d’utilisateurs de réseaux sociaux ayant une liste d’abonnés bien garnie n’ont plus rien d’anodin.

Il y a quelque temps, une vedette de sport me vantait, à travers les réseaux sociaux, les bienfaits et l’apport nutritif de ce qui semblait être une banale barre tendre.

Si une ancienne athlète affirme que c’est tout ce qu’il faut pour notre bonne santé, c’est bien que cela doit être plus que vrai. Après tout, elle a passé sa vie à s’entraîner et à nécessairement bien s’alimenter.

J’ai probablement la confiance facile ou la naïveté au rendez-vous en pensant que les experts d’un domaine font toujours des recommandations justes.

Une première incongruité s’est présentée à la lecture des commentaires d’abonnés. La fameuse barre tendre n’avait pas grand-chose de santé et très peu de fibres. En revanche, le sucre était omniprésent.

Cette publication et plusieurs autres sur les réseaux sociaux obligent une réflexion de la part des utilisateurs. Est-ce une réelle suggestion ou une publicité fort bien camouflée ?

Dans ce cas précis, c’était bel et bien une version virtuelle de l’homme-sandwich. Sous la publication se trouvait, « #ad ».

Un caractère et deux lettres accolés qui sont de plus en plus présents, autant sur Facebook que sur Instagram.

Comme bien d’autres, cette personnalité publique prêtait son image connue de monsieur et madame Tout-le-Monde pour vendre un produit.

Jusque là, rien d’anormal. Après tout, radio, télévision et journal sont ponctués de pubs. Là où j’accroche, c’est lorsque la publicité risque de ne pas être reconnue.

De plus en plus, elle se déguise en conseil beauté, en idées culinaires ou en clin d’oeil touristique. Les derniers mois nous ont présenté chez nos vedettes québécoises des publications de poussette, de gâteau et d’automobile.

Avouons que les suggestions formulées sans intentions sont de plus en plus rares. On devient suspicieux devant ce qui est mis de l’avant par les autres.

Nous devons avoir l’oeil aiguisé pour identifier les «#ad»,«#promotion», «#payé» et autres mots-clics de publicité.

On doute devant le contenu proposé. À un point tel que certaines personnalités des réseaux sociaux n’hésitent pas à indiquer que c’est « acheté avec mes sous ». Une façon de comprendre que c’est un réel coup de coeur de la personne.

Bienvenue dans le monde du marketing d’influence. Un monde qui peut sembler fort complexe, lorsqu’observé de l’extérieur. Les possibilités de collaboration sont multiples. Un produit est offert gratuitement en échange de mentions (#produitreçu, #reçu). Ainsi, des cadeaux sont envoyés aux vedettes du Web par les compagnies et les agences qui espèrent en retour des publications. Et il y a le summum, pour eux, la publication payante (#ad, #publicité) ! Les personnalités publiques recevront des dollars en échange de la publication d’une photo d’un produit. Au Québec, le cachet demandé peut dépasser 1000 $ la publication.

Il y a de bons coiffeurs et de mauvais coiffeurs. Et il en va de même pour les utilisateurs des réseaux sociaux qui acceptent de monétiser leur profil et par le fait même leur vie. La publicité forcée et déguisée porte ombrage à tous ceux qui font un bon boulot de création de contenu.

À travers les collaborations, les produits reçus et les rémunérations, force est d’admettre que les réseaux sociaux ne sont plus qu’une simple plate-forme à diffusion d’égoportraits et des beaux clichés.