Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Jean-Philippe Duguay et Stéphane Dubé ont distribué des lapins de Pâques à 87 enfants, dimanche dernier.
Jean-Philippe Duguay et Stéphane Dubé ont distribué des lapins de Pâques à 87 enfants, dimanche dernier.

Retenir le meilleur

CHRONIQUE / Que restera-t-il au terme de cette crise ? Que retiendrons-nous après cette pandémie qui a chamboulé à la fois notre quotidien et la planète tout entière ?

Certains diront que nous n’avons aucune idée de ce que l’avenir nous réserve. Bien vrai !

D’autres diront qu’il est précipité pour tirer de telles conclusions. Au contraire !

Je crois qu’il est là, le danger. Celui de vivre la crise, tête baissée, sans questionner et sans se questionner. Le danger est de remettre à plus tard cet exercice de réflexion et finir par oublier de le faire.

Même dans le pire, je persiste à croire qu’il y a du bon, du beau. En pleine pandémie, alors que le Québec est littéralement sur pause, de beaux exemples émanent. Les initiatives d’entraide et de support se multiplient depuis le début de cette crise.

Les réseaux sociaux auront, cette fois, été utiles et auront permis de prendre connaissance du meilleur de l’homme. Pendant que certains se réunissent en ne respectant pas les consignes dictées par le gouvernement et en s’exposant à des constats d’infraction de 1546 $, d’autres se réunissent, en prenant toutes les précautions nécessaires, pour aider leurs proches, leurs voisins et même de purs inconnus.

Ma collègue Patricia Rainville rapportait quelques-unes de ces histoires qui accrochent un sourire, dont celle de Stéphane Dubé et de Jean-Philippe Duguay, qui ont amassé des dons afin d’offrir, en collaboration avec les Chocolats Lulu, des lapins de Pâques à 87 enfants dans le besoin.

Il y a aussi ces amis golfeurs qui, grâce à la collaboration du IGA de la rue Saint-Hubert, ont pu remettre des épiceries à six familles dans le besoin du secteur de Jonquière.

Plusieurs personnes ont mis l’épaule à la roue, notmmant Doug Archibald, Jonathan Tremblay, Éric Dufour, Marie-Josee Riverin, Dany Saint-Pierre (IGA), Marc Demers, Danielle Demers et Martin Dufour, qui ont fait l’épicerie pour six familles dans le besoin de Jonquière, lors du week-end pascal.

Je m’en voudrais d’oublier cet homme de La Baie qui a utilisé les points de sa carte fidélité afin de remettre un panier d’épicerie de 250 $ à Moisson Saguenay. À Sainte-Monique, les plus jeunes ont décoré les balcons des résidants de l’Auberge du Bon Temps.

J’ai moi-même l’impression d’être davantage portée vers les autres. Je ne sais pas si ce sont les effets positifs du confinement, mais disons que j’ai le « Bonjour ! » plus facile lors de mes précieuses promenades à l’extérieur. J’ai cuisiné pour un ami qui se retrouvait loin de sa famille pendant le long congé de Pâques et dont la santé lui jouait des tours. J’ose croire que j’aide à ma façon plutôt que de me taper sur la tête en disant que je n’en fais pas suffisamment.

Nul besoin de décrocher la lune. Ce sont tous ces petits gestes qui améliorent le bien-être de tout un chacun alors que l’on fait de notre mieux pour traverser cette crise.

J’ai espoir en chacun de nous. J’espère que le retour à la normale se fera tout en conservant ces nouvelles habitudes qui nous ont fait tant de bien en pleine crise.