Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Rester à la maison sans se reposer

CHRONIQUE / Ce serait un euphémisme que d’affirmer que notre vie a fait un vol plané, au cours des dernières semaines. La seule certitude que nous avons, et c’est loin d’être rassurant, c’est que rien n’a été épargné par les conséquences de cette pandémie.

Pour certains, les consignes gouvernementales que sont la distanciation physique, la réduction de nos déplacements et le fait de rester à la maison prennent des allures de vacances. La pandémie de la COVID-19 semble quasi amusante chez eux.

Quelques-uns ont la chance de ne pas travailler, tout en conservant une très bonne partie de leur salaire. Disons que ça aide à vivre la crise de la COVID-19.

Je vous vois aller sur les réseaux sociaux. J’observe les grands sourires de toute la petite famille en congé forcé, vos activités dignes d’une classe d’activités parascolaires et tout ce que vous avez cuisiné.

Dieu sait que le Québec en entier a cuisiné. À un tel point que la farine et la levure ont commencé à se faire rares dans les supermarchés. Au moins, ç’a plus de sens que la pénurie de papier de toilette.

Il paraît que cette rareté de la farine et de la levure est la faute du plus-que-parfait Ricardo. Du moins, il en serait en partie responsable. Comme bien des personnes et des entreprises, Ricardo s’est ajusté à la pandémie de la COVID-19. Le contenu de ses réseaux sociaux et de ses vidéos est en mode « restez à la maison ».

Ricardo nous a fait l’honneur de nous fournir des recettes de pains, de pains aux bananes et d’autres repas grandement appréciés en pleine quarantaine.

Je travaille de la maison depuis déjà plus de deux ans. La recommandation de rester à la maison et le télétravail ne changent presque en rien mon quotidien. Je dois avouer que j’ai été tout de même envahie par cette envie de confinement. Ricardo m’a donné l’envie de me lancer dans la production de pains, au point de presque rivaliser avec une boulangerie de quartier.

J’ai également eu l’appel du grand ménage du printemps. Tant qu’à ne pas pouvoir sortir, autant faire reluire l’intérieur de notre résidence. Armée de ma liste, je fais le tour de la maison à la recherche d’un coin qui manque d’amour et d’ordre.

Pour tout vous dire, je me suis même lancée dans une opération peinture. Après la journée de travail, les pièces de la maison ont droit à quelques coups de pinceau.

Tout ça, au grand désarroi du pauvre mari, qui tente tant bien que mal de profiter de ce congé obligé.

Je dois vous avouer qu’il n’y a rien de reposant à rentabiliser son temps passé à la maison tout en travaillant à temps plein.

J’aurais bien dû écouter le Dr Horacio Arruda et m’en tenir à cuisiner des tartelettes portugaises ou à danser en ligne sur FaceTime avec quelqu’un d’autre. Annie-Claude Brisson