Respirer et s’aimer!

CHRONIQUE / Un 5 à 7 avec son chum, avec un verre d’Amarone et des tapas à la main, ça te remet un couple sur les rails. C’est ça mon truc pour garder la flamme. Pas besoin d’aller aux îles Fidji ou d’acheter un déguisement de pompier.

Mais il ne faut pas arriver ensemble. On va se rejoindre, on se donne rendez-vous. Les mêmes conditions qu’à nos débuts.

Ne vous inquiétez pas. Je ne suis pas en train de faire concurrence à notre sexologue préférée, Myriam Bouchard. Mes conseils amoureux s’arrêtent là. Mais il fallait parler des couples au restaurant. Ordre de ma collègue Patricia. Et moi, les restos, ça me parle. Que voulez-vous, le vin, la musique d’ambiance, me faire servir et éviter de faire la vaisselle, ce sont des choses qui contribuent à mon bonheur.

Mais il y a des couples qui se contentent de moins que ça. Juste respirer l’air, ça les rend heureux.
J’ai lu cet été sur la mode des «Breatharians» ou comme on aime les appeler au Québec les «respiriens».

Dans un journal anglais, un jeune couple a fait la promotion de ce régime de vie qui consiste en fait à ne rien manger, enfin presque. Un morceau de fruit, un bouillon de légumes, trois fois semaine.
Ils se nourrissent de la lumière. Ils ne sentent plus la faim et en plus, ils ont plus d’argent pour voyager. Ils n’ont jamais été aussi heureux, disent-ils.

Je mangeais un oeuf et des patates quand je suis tombée sur ce reportage un dimanche matin, au restaurant. J’étais mal partie pour suivre la vague. Et à voir leur compte Instagram, inondé de poses de yoga sous des couchers de soleil et des palmiers, ça donnait envie d’arrêter de manger.

Je blague évidemment. Mais probablement que de jeunes filles pourraient s’en inspirer. À l’heure où les troubles alimentaires font des ravages chez nos adolescentes, il faut s’en préoccuper. D’autant plus que les «breatharians» utilisent maintenant les réseaux sociaux pour joindre de nouveaux membres. Les poses de yoga en bikini, ç’a la cote auprès des internautes.

Je ne l’ai jamais écrit, mais j’ai quelques amies qui ont de graves troubles alimentaires. Une de mes bonnes amies est atteinte d’anorexie. Avant de la rencontrer, je n’avais jamais montré de réelle empathie envers ces femmes qui souffrent en silence. Parce que, justement, c’est un mal silencieux.

Ce n’est pas visible, à moins d’être rachitique. La plupart ont toutefois un corps normal.  

Ma fille est un peu trop jeune pour que je lui parle des «respiriens» ou la sensibiliser aux saines habitudes alimentaires. Mais je sais d’ores et déjà que les troubles alimentaires vont m’inquiéter davantage que ses premières sorties au restaurant avec un garçon.