Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Recevoir à distance

CHRONIQUE / Vous souvenez-vous qu’au début de cette pandémie, les fermetures de commerces et les interdictions de pratiquer telle ou telle activité s’accumulaient de jour en jour ? Le Québec a été mis sur pause alors que nous traversions les dernières semaines de l’hiver. Le confinement est certainement plus facile lorsqu’il fait froid et que notre cour arrière est ensevelie sous la neige qu’en plein milieu du mois de juillet.

Les chaudes journées ensoleillées sont de retour, et c’est sensiblement la même chose qui se produit avec nos habitudes et nos permissions. Presque chaque jour, le gouvernement annonce, lors de son fameux point de presse quotidien, la reprise de quelque chose. Disons que le plan de reprise des activités de camping était grandement attendu par des milliers d’amateurs, mercredi.

Soyons honnêtes, il y a quelque chose de presque infantilisant dans le fait d’attendre la confirmation que nous avons le droit de reprendre, en partie, nos activités de ce passé pas très lointain. Mais pandémie oblige, mettons les chichis de côté et plions-nous à cet exercice. Soyons dociles ! Je blague !

Après tout, ce sont les efforts de tout un chacun qui nous ont permis de traverser jusqu’à maintenant cette crise et de retrouver un semblant de normalité.

Parmi toutes ces reprises, les rassemblements extérieurs, avec un maximum dix personnes, doit-on spécifier, figurent certainement parmi les choses que j’attendais le plus.

Pendant cette période de confinement, j’ai gardé contact autrement avec la famille et les amis. Beaucoup de textos, des tonnes de conversations via Messenger et pas mal d’apéros virtuels résument ces dernières semaines. Des moyens technologiques forts efficaces, j’en conviens, mais qui n’équivaudront jamais à une sincère accolade.

Pour tout vous dire, j’attendais impatiemment la visite, dimanche. Quel plaisir de recevoir à nouveau ! Choisir le menu, préparer la table extérieure et retrouver tout ce beau monde « en vrai ».

C’est une seule amie qui était attendue à la maison, mais j’ai préparé de la nourriture pour dix personnes et j’étais impatiente comme si c’était la soirée du siècle qui nous attendait.

Je dois avouer qu’il n’y a rien comme le fait de retrouver les personnes que nous aimons. Mais c’est particulier de se tenir devant eux en respectant les satanés deux mètres de distance.

C’est encourageant ; je peux recommencer à recevoir les amis et la famille, malgré les règles de distanciation sociale. Et la pandémie n’a rien changé au fait qu’une de mes bonnes amies aime toujours autant être reçue...