Joanie

Quand une fille d’OD te donne une leçon

CHRONIQUE / Certaines personnes ne m’aiment pas. Je sais, c’est fou. Comment ne pas aimer de belles grosses joues avec des fossettes ?

Il y a toujours quelqu’un quelque part qui ne nous aime pas. Un ancien amoureux, un voisin ou un collègue jaloux. Même des inconnus peuvent nous détester.

Avouez que, vous aussi, vous êtes parfois comme ça. « Je n’aime pas sa face ». Plusieurs d’entre vous ont sûrement déjà dit ça. Que ça soit d’une personnalité publique ou d’un quidam.

Je l’admets, je suis coupable. Je l’ai déjà dit, il y a quelques années, après avoir vu une pancarte électorale. J’étais immature. Je ne connaissais pas l’histoire de ce candidat et je venais pourtant de le critiquer. Cette personne, que j’ai rencontrée plus tard dans ma vie professionnelle, m’a au contraire séduite. Il est devenu un ami. Depuis, j’essaye de ne plus juger quelqu’un sans le connaître. 

Parce que la plupart du temps, les préjugés tombent en discutant avec les gens. Je me souviens de ce collègue qui m’a détesté dès mon premier jour de travail. Une journaliste qui porte des talons hauts, c’était trop pour lui. Si j’avais mis des Crocs, j’aurais été plus rapidement acceptée. Mes vêtements venaient de bousculer ses repères. La mode et le travail intellectuel ne pouvaient cohabiter. Finalement, je n’étais pas si superficielle que ça, m’a-t-il avoué plus tard. Comme plusieurs, il avait perdu du temps avec une pensée négative.

Mais bon, on n’a pas le temps d’aller convaincre chaque personne de nous aimer. Alors qu’est-ce qu’on fait ? 

« Concentre-toi sur ce que tu contrôles ». Mon chum me répète ce leitmotiv chaque fois que je me plains. Il a raison, je sais. Mais ça semble toujours plus facile pour les hommes de se foutre des commentaires des autres, qu’ils viennent d’un collègue ou d’un inconnu sur les réseaux sociaux. Comme si le train des insultes passait plus rapidement sur les rails de leur indifférence. C’est bien dit, hein ? Évidemment, une fille en talons hauts ne pourrait pas inventer une si belle expression. Je l’ai volée !

Une qui a reçu son lot de commentaires haineux, c’est bien Joanie, une des participantes de la dernière édition d’Occupation double. La Saguenéenne de 25 ans a été peinturée comme la « méchante » ou « folle » de cette téléréalité québécoise. Les auditeurs ont vomi leur haine sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à écrire des commentaires qui pourraient à mon avis faire l’objet de plainte officielle. 

Elle aurait pu être triste de voir tous ces propos à son sujet. Bien non ! Dans une entrevue accordée à Richard Courchesne, de Radio X, la jeune femme a montré une belle maturité. 

« Il y a tellement de “mean”, ça me fait rire », a candidement répondu Joanie, dans une belle joie de vivre.

« En fin de compte, les gens qui me donnent de la “hate” me donnent de “l’exposure”. Je n’en veux pas à personne. Ils ont beau dire qu’ils veulent me passer dessus avec un train, ça ne m’atteint pas. Ce n’est pas des personnes que je connais. Ils jugent sur ce qu’ils ont vu. Et ce qu’on montre à la télé, c’est plus intense aussi. Je suis capable de voir le “bigger picture”. » 

« Mais il y a eu aussi ben ben du “love” », a aussi nuancé Joanie, en parlant de la vague d’amour à son endroit. 

Elle voit le verre à moitié plein. Bravo ! Une attitude qu’on devrait tous avoir et qu’on n’aura pas le choix de développer pour survivre dans cette ère marquée par les réseaux sociaux. 

Ah, et pour son français, essayez de ne pas juger. Please.