Le fleuve Saint-Laurent, magnifique autant en hiver qu’en été.

Quand le fleuve m’appelle

CHRONIQUE / J’ai conseillé à un homme que je côtoie dans le cadre de mon travail de fermer son cellulaire durant ses vacances. Je le sentais quelque peu découragé d’être sollicité de tout bord tout côté, même lorsqu’il prend le large.

Je m’en voulais un peu, parce que je l’avais presque harcelé durant ses précédentes vacances, car j’avais des questions concernant un dossier sur lequel je travaillais. Comme s’il était obligé de subir la curiosité du journaliste. Alors donc, je profite de cette tribune pour m’excuser publiquement. Voilà un poids de moins sur mes épaules.

J’ai agi par pur égoïsme, puisque je déteste, mais déteste, me faire déranger pour le travail lorsque je suis en congé. Le pire, c’est lorsque mes boss m’appellent ou m’écrivent. Vous savez, un petit message du genre : allo, est-ce que je te dérange ?

Qu’est-ce que tu en penses, que j’aurais le goût de répondre. Mais je suis beaucoup trop polie pour ça...

C’est justement pour ne pas être dérangée que j’aime m’exiler dans le Bas-du-Fleuve lorsque j’ai quelques jours de repos. Ceux qui ont l’habitude de me lire savent déjà que je troquerais le Saguenay pour le Saint-Laurent sans trop de regrets. Mais si j’aime autant cette région qui vibre au rythme des vagues, c’est que je m’y sens libre, probablement pour la simple et bonne raison que j’y fuie mes responsabilités et mes soucis. Je n’y travaille pas et je suis assez loin de la maison pour oublier les tâches quotidiennes. Le Bas-du-Fleuve a ce petit quelque chose qui s’apparente à la Gaspésie, sans les centaines et centaines de kilomètres à parcourir pour l’atteindre. Le fleuve a ce pouvoir magique de rendre zen la plus grande des anxieuses. Un anxiolytique naturel. Ce n’est pas rien.

Imaginez-vous donc que j’arrive à laisser mon cellulaire au fond de ma sacoche sans avoir peur de manquer quelque chose. Si je traîne ce petit engin, c’est presque uniquement pour prendre des photos de ce coin de pays absolument magnifique. Bon, j’admets que j’en profite aussi pour publier sur les médias sociaux lesdites photos, parce que je ne peux garder cette beauté et cette immensité juste pour moi.

Peut-être que le Bas-du-Fleuve n’aurait pas cet effet sur moi si j’y vivais à l’année. Alors j’en profite chaque fois que je m’y rends. Pour faire le plein d’air salin. Et le vide du satané cellulaire.

Pas besoin d’aller bien loin pour décrocher. Juste trouver un petit coin où vous arrivez à vous évader.

D’ailleurs, me semble que je serais due. Le fleuve m’appelle.