«J'aime prévoir l'imprévisible. Je m'arrête pour me demander ce qui pourrait se passer, et j'essaie de prévoir ce que je pourrais faire pour remédier à la situation.»

Prévoir l'imprévisible

CHRONIQUE / Du genre à traîner un deuxième manteau dans votre voiture, parce qu'à ce temps-ci de l'année, la météo est plutôt instable ? Et pourquoi pas une deuxième paire de chaussures, au cas où vous auriez besoin d'être un peu plus chic ? Oh, et ce truc que vous devez retourner au magasin, vous aurez peut-être le temps d'y aller, sait-on jamais...
J'aime prévoir l'imprévisible. Je m'arrête pour me demander ce qui pourrait se passer, et j'essaie de prévoir ce que je pourrais faire pour remédier à la situation. Et si je brisais ma robe pendant ce mariage prévu à l'extérieur ? Mieux vaut traîner une aiguille et du fil, en plus, ça ne prend pas de place ! On va à Montréal ? Je devrais noter l'adresse de l'hôtel quelque part, au cas où mon téléphone rendrait l'âme sur la route. J'ai déjà fait un costume de cube Rubik pour Halloween. J'avais acheté un vrai cube pour reproduire les couleurs aux bonnes places. Des fois que quelqu'un viendrait me dire que mon cube est impossible à résoudre... Absolument absurde, j'en conviens.
Est-ce vraiment parce que j'aime ça ou plutôt parce que j'ai horreur d'être prise au dépourvu ? Un peu du premier, beaucoup du deuxième !
Ça aide pour résoudre des problèmes plus rapidement et plus facilement. C'est même un instinct plutôt pratique lorsqu'on planifie un projet ou qu'on se retrouve dans un pays étranger. C'est le principe de base de la loi de Murphy : s'il y a une chance que ça aille mal, ça va mal aller. D'où l'intérêt de prévoir ce qui pourrait arriver de croche...
Par contre, ça vient avec un inconvénient de taille. Comme j'ai tendance à voir ce qui peut mal aller, la faille qui n'attend que d'être exposée, j'ai aussi tendance à voir le négatif en premier. Ce n'est pas fait méchamment, mais ça peut taper sur les nerfs, disons. Je m'efforce donc maintenant, quand on m'amène une idée, de nommer le positif en premier. Ça demande quand même du contrôle !
Mon patron, lui, est du genre « gestionnaire à la dernière minute » (c'est lui-même qui a insisté pour que j'écrive cela, je vous jure !). Donc, mon « pouvoir » lui tape un peu sur le système. Mais ne vous inquiétez pas, c'est toujours un immense plaisir d'aller me chercher un « ben oui, t'avais raison... » quand on évite une catastrophe !
« Prévoyance sélective »
Malgré tout, je suis assez sélective dans ce que je veux prévoir. Je ne suis pas du genre à me faire une liste à l'épicerie. Je ne suis même pas du genre à savoir ce que j'ai le goût de manger avant d'y aller ! J'ajouterais que je ne sais jamais si je vais être chez moi le soir même. Je fais rarement du sur-place, donc la planification des repas, je laisse ça aux autres.
Je suis tout aussi incapable de répondre à la question « où vous voyez-vous dans dix ans?». Il y a beaucoup trop de facteurs hors de mon contrôle pour répondre à cette question ! J'ai toujours été impressionnée par ceux qui sont tellement certains de leur coup. Il se passe tellement de choses en une année, on évolue, on change. Je ne voudrais pas être la personne que j'étais il y a dix ans, ni même être celle d'il y a deux ans. Donc dans le futur ? Allez savoir, je ne peux pas tout prévoir !