Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Prendre congé de la COVID-19

CHRONIQUE / Alors que des drames se déroulent un peu partout en raison de la pandémie de COVID-19, pour certains, voire la plupart d’entre nous, la vie se poursuit tant bien que mal. La reprise progressive des activités pour certaines entreprises, le retour en classe pour une partie des élèves et la réouverture des limites de nos régions nous donnent un certain espoir d’un retour vers la normale, bien qu’il n’y aura plus jamais rien de normal.

Mine de rien, le mois de mai est bien entamé. La fête des Mères est demain et la saison de camping aurait dû débuter la semaine prochaine. Mais rien de tout cela ne se déroule comme prévu.

L’expression « bon an, mal an » prend tout son sens. Parce que c’est un peu ça, 2020. C’est le « mal an » du « bon an, mal an ». À quoi ressemblera l’été sans festival ? Comment occuperons-nous nos journées de vacances ? Serons-nous en mesure d’aller là où bon nous semble ?

Il s’agit là, j’en conviens, de préoccupations insipides vécues par les privilégiés de cette crise. Ceux qui n’ont rien perdu pendant cette période. Mais quand même, il est tout à fait normal d’y réfléchir.

L’exercice de sélectionner sa période de vacances estivales, comme c’est actuellement le cas dans plusieurs entreprises, prend un tout autre sens. Après tout, c’est tout à fait légitime de vouloir quitter la maison dans laquelle on passe le plus clair de notre temps depuis le début du mois de mars.

Quelle semaine des mois à venir nous permettra de décrocher du boulot, du train-train quotidien ? Une énième question sans réponse en ces temps incertains.

Depuis quelques années, nos vacances sont le mélange de la passion qu’a mon mari pour le baseball, de son amour de la conduite automobile et de mon envie de tout voir.

Ainsi, nous tentons, dans le meilleur des mondes, de réaliser chaque année de courtes escapades de baseball aux États-Unis. En quelques jours, nous comblons sa soif de sport et ma soif de visites de musée et d’éléments historiques.

Cette année, nous avions envie de mettre le cap sur l’une de nos villes américaines préférées, Portland, dans l’État du Maine. Un projet qui, sans jeu de mots, tombe à l’eau.

Pour vous dire, je rêvais déjà d’y retourner. J’avais hâte de renouer avec les longues promenades, de déguster une succulente chaudrée de palourdes et de prendre le temps de siroter une bière dans une brasserie locale.

Nous conservons l’option du camping dans la région, ou dans une région voisine, si les mesures gouvernementales le permettent. Et si rien de cela n’est possible, heureusement, je suis passionnée par mon jardin. Et j’adore la configuration de ma cour arrière.

L’avantage de cette crise, c’est que nos dollars seront dépensés au Saguenay–Lac-Saint-Jean et au Québec. Un élément non négligeable. L’achat local prend tout son sens.

Nos assiettes ne seront pas remplies par des fruits de mer du Maine, mais plutôt par ceux du Québec et de l’est du pays. Un autre élément positif de la crise.