Plus qu’une journée par année

CHRONIQUE / Nous avons été, plusieurs, mercredi à discuter, à papoter et à s’ouvrir pour la cause. Pendant une journée, le pays en entier n’a eu d’yeux que pour la cause de la santé mentale. Et c’est bien tant mieux !

La Journée Bell Cause pour la cause était de retour pour une dixième année. Une décennie plus tard, la campagne est plus actuelle que jamais et continue de rejoindre tous les publics.

Nous avons jasé et interagi à travers différentes plates-formes. Des messages textes, des appels, des tweets et retweets contenant le mot-clic #BellCause, l’utilisation du cadre Facebook ou même le filtre Snapchat, peu importe le moyen utilisé, nous avons parlé de la cause de la santé mentale. Et c’est ça l’essentiel.

Nous nous sommes offert une belle grosse discussion pour mettre de l’avant la sensibilisation et l’acceptation face à la santé mentale, c’est ce que collectivement nous avons créé, mercredi.

Pendant une journée, il n’y avait plus de honte, de tabou, ni de stigmatisation entourant les morceaux de vie de tout un chacun.

Des témoignages, il y en a eu. J’ai vu plusieurs amis, autant de vrais amis que d’amis « Facebook » partager des moments moins reluisants de leur vie.

Avouons que, mercredi, Facebook et Instagram détonnaient de leurs habituelles publications et photos frôlant la perfection. Pour l’une de rares fois, les utilisateurs des réseaux sociaux se sont laissés aller à la transparence, à la vulnérabilité et à la vérité.

Et ça fait du bien ! Même si c’est souvent surprenant et parfois même confrontant.

Nous avons généralement la même réaction face aux problèmes de santé mentale vécus par les autres. Nous ne le savions pas, nous n’avions aucune idée que ça empoisonnait autant leur vie. Nous nous disons : avoir su ! Avoir su, nous aurions pris un cinq minutes dans notre interminable journée pour prendre de leurs nouvelles, nous aurions même réservé une précieuse soirée pour nous occuper d’eux ou nous aurions tout simplement écouté ce qu’ils avaient à dire, à pleurer et même à crier.

Imaginez, à chacune des interactions faites, mercredi, Bell a versé 5 cents pour des initiatives canadiennes en santé mentale. Rien à redire face à cette mesure. Après tout, on ne peut être contre la vertu.

Toutefois, face à ces journées dédiées à diverses causes comme la Journée Bell Cause pour la cause ou la Guignolée des médias, je suis toujours habitée par des sentiments contradictoires. Très contente de voir que ça se retrouve sur la place publique, dans tous les médias et au coeur de nos discussions, mais grandement consciente que ça ne durera pas plus que quelques jours.

À travers toutes ces initiatives, il faut garder une chose en tête. Les initiatives et journées spéciales ne durent que le temps d’une journée, mais la pauvreté et les différentes maladies ne s’effacent pas au changement de journée.

Cessons de nous dédouaner quelques journées par année et faisons collectivement preuve de davantage de bienveillance.