Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Pas encore dociles du masque

CHRONIQUE / Je me suis retrouvée confrontée au port du masque obligatoire, pour la première fois, alors que les vacances m’ont amenée, en début de semaine, à prendre le traversier. Disons que j’ai eu un avant-goût de ce à quoi ressembleront nos sorties dans les lieux publics fermés.

Pas que nous soyons des citoyens plus dociles que d’autres, peut-être un tantinet plus responsables, qu’importe, nous avions inclus masques et gel désinfectant dans nos bagages. Nettoyage des mains en embarquant dans le véhicule et port du masque s’ajoutent maintenant à notre quotidien en vacances. Et, bien sûr, nous respectons les autres mesures mises en place dans les différents endroits où nous faisons un arrêt. J’ai d’ailleurs inscrit mon nom aux registres de présences placés à l’entrée de quelques restaurants.

Au départ du traversier, lundi matin, plusieurs passagers n’avaient aucune idée que le port du couvre-visage y était maintenant obligatoire. Heureusement, les employés distribuaient des masques jetables à ceux qui n’avaient pas prévu le coup. Laissons la chance au coureur. Ils ne sont pas tous des férus d’actualité, et encore moins au fait des décisions et consignes du gouvernement provincial, qui se propagent comme la COVID-19 dans un bar de Montréal, où on se balance des consignes. Et je suis consciente qu’il faut un certain temps d’adaptation quant à ces obligations.

Pendant la traversée, j’ai remarqué quelques délinquants du masque. Disons que s’ils mettaient autant d’énergie à bien porter leur masque qu’à choisir le motif des tissus, la situation serait tout autre. Un passager l’avait accroché à une seule oreille alors que le morceau de tissu pendouillait en bordure du visage. Un peu plus loin, deux dames avaient pris la peine de déplacer leurs masques au menton pour discuter alors qu’un employé portait ledit masque... tout en ayant le nez découvert. Bravo pour l’effort, mais rendu là, ce n’est plus tellement une mesure de protection.

Permettez-moi de douter que les hypocrites du couvre-visage qui portaient le masque sur une seule oreille, il y a à peine quelques jours, le porte maintenant sans rechigner.

L’opposition au port du masque est vilaine. Certaines personnes vont même jusqu’à invoquer la Charte des droits et libertés. Si ces citoyens avaient la même ferveur à laver leurs mains, à porter un masque et à appliquer les autres consignes sanitaires qu’à orchestrer cette pseudo-révolution, nous aurions, fort probablement, déjà retrouvé l’entièreté de nos « libertés ».