Un drapeau du Canada

Ô Canada!

Comme je vous l'ai avoué lors de ma dernière chronique, j'étais à l'extérieur du pays pour quelques semaines. Le retour à la réalité au Pays de l'hiver a été plutôt rude, vous m'excuserez donc d'avoir plus ou moins suivi l'actualité cette semaine, mise à part l'actualité météorologique.
Une passion qui nous unit aux quatre coins de la planète, je peux vous le confirmer.
Je n'ai pas été déconnectée à 100 %. Je sais que « Make America Great Again » n'a pas disparu, malheureusement, des discours récents. Peut-être que vous vous dites, en voyant les images à la télé : « qu'est-ce qu'ils sont beaux les Américains avec leurs drapeaux ! » (Bon, il y a à peu près 0 % de chance que cela arrive, mais pour le bien de cette chronique qui semble n'aller nulle part, comme toutes les autres d'ailleurs, pouvez-vous faire semblant une petite minute ?)
Hé bien, c'est votre jour de chance ! Saviez-vous qu'en tant que citoyen canadien, vous avez le droit d'avoir un bel unifolié ? Gratis ? Oui ! Oui !
Mais pourquoi diable je sais ça ? Je vous raconte.
L'un des buts principaux de mon voyage, c'était d'assister aux Internationaux de tennis d'Australie. C'est l'un des quatre tournois majeurs et pour tous les amateurs de tennis, c'est comme Noël, mais en janvier. Un des plaisirs de ce type de tournois, c'est d'échanger avec les amateurs sur place. Et y'a rien de mieux pour briser la glace que de porter les couleurs de son favori. Plusieurs personnes se déguisent carrément, perruques et tout le tralala. J'ai vu des femmes avec des chapeaux si extravagants qu'elles auraient rendu jalouse n'importe quelle spectatrice du Derby du Kentucky.
C'est quoi le lien avec le drapeau ? J'y arrive. De la manière donc le tournoi fonctionne, soit je voyais Eugenie Bouchard en action, soit je voyais Milos Raonic. J'avais déjà un drapeau du Québec chez moi, vestige d'une Saint-Jean passée, mais je n'avais pas de drapeau du Canada.
Vous savez comme moi qu'acheter un drapeau en plein mois de janvier au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce n'est pas une mince tâche. J'ai eu plus d'offres de prêts d'un drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean que des autres pays.
Puis, sur Internet, je suis tombée sur cette info : chaque ménage canadien peut écrire à son député fédéral et recevoir, tout à fait gratuitement, un drapeau du Canada.
La légende veut que l'on puisse aussi demander de recevoir un poster de Justin Trudeau et de la reine, mais je n'ai pas poussé l'expérience à ce point.
Donc, j'ai appelé, vers 13 h, le bureau de mon député. À 16 h 30 ce jour-là, j'avais mon drapeau. La responsable semblait un peu surprise de ma requête, mais m'a tout de même proposé des épinglettes en bonus. Je suis ressortie de là comme une enfant à qui on venait d'annoncer qu'elle allait à Disney. Je suis retournée au journal pour présenter mon butin à tous mes collègues, un peu perplexes.
Car, à ma grande surprise, ce n'est pas un drapeau de cheap : un drapeau de près de 6 pieds, plus grand que moi, du même type que l'on accroche sur un mat. Fait au Canada, rien de moins (j'ai vérifié). En prime, une feuille m'indiquant comment entretenir et disposer de mon drapeau. « Quand le drapeau se détériore à un point tel qu'il ne représente plus un emblème convenable, il doit être détruit d'une façon digne. » (J'ai vérifié, cette règle ne s'applique qu'aux drapeaux...)
J'ai donc pu pavaner mon drapeau à l'autre bout du globe. Et je me suis fait des tas d'amis. Et Raonic a gagné. Et le soleil brillait. Et j'ai été frappée par une balle. Une journée parfaite, quoi !