Noël ou le casse-tête familial

CHRONIQUE / On dirait que plus les années passent et plus c’est pire. Depuis quelques jours, je tente de planifier ma période des Fêtes en espérant, comme chaque année, passer du temps avec tous les membres de ma famille et celle de mon chum. Tous les ans, ça relève du défi. J’ai même songé à engager quelqu’un pour qu’il se charge de mon agenda.

Et ce n’est même pas parce que je suis tant convoitée que ça !

Mes deux parents sont divorcés. Ma mère vit à Montréal et mon père à Chicoutimi. Mon père est remarié et sa femme a deux enfants, qui vivent tous deux dans la grande région de Montréal. Déjà de leur côté, réunir tout ce beau monde durant la période des Fêtes n’est pas une mince affaire.

Mon frère, lui aussi, demeure à Montréal. Il est séparé de la mère de mon neveu, ce qui fait en sorte qu’il n’a pas son fils à temps plein. Il doit donc, comme tout parent séparé, planifier sa période des Fêtes en accord avec la maman.

Même chose pour ma sœur qui, elle, vit à Québec. Elle a la garde partagée de ses trois enfants et mes deux neveux et ma nièce passeront une partie de leur congé des Fêtes avec leur papa et l’autre avec leur maman.

Évidemment, pour nous réunir tous ensemble, il faut que les dates concordent avec celles de leur autre parent.

Et, pour ajouter de la complexité au concept de familles reconstituées, nous occupons trois régions, ce qui signifie que je ne peux pas faire deux partys en une même soirée pour voir tout le monde. 

Et dire que quand j’étais petite, je trouvais ça cool, avoir deux Noël parce que mes parents étaient séparés... 

Maintenant, au tour de mon chum. Ses deux parents sont également divorcés. Chacun a refait sa vie de son côté et chacun des nouveaux conjoints a des enfants. Ma belle-famille demeure dans le Bas-Saint-Laurent, donc ajoutez une quatrième région à mon itinéraire. Le frère de mon chum, lui, vit à Québec. À deux heures de route de chez moi et à deux heures du Bas-Saint-Laurent. C’est donc dire que quatre heures séparent notre maison de celle de la belle-famille, cinq heures de celles de ma mère et de mon frère et deux heures de celle de ma sœur. Ajoutez maintenant le facteur météo et vous aurez le casse-tête géographique parfait.

Plus tôt cette semaine, je disais d’ailleurs à mon chum comment c’était compliqué, Noël. Étant le gars le moins stressé du monde, il me répond que ce n’est pas si compliqué que ça. Facile à dire, quand on est en vacances durant les Fêtes ! Parce que non, ce n’est pas mon cas. Eh oui, je dois ajouter le facteur professionnel, parce que je vais travailler durant la période des Fêtes.

Donc, quatre régions, pas de vacances et six familles reconstituées. Juste à y penser, j’angoisse. Et je n’ai même pas encore pensé à nos amis, qui eux aussi, vivent un peu partout au Québec. Et qui ont des enfants que je voudrais bien pouvoir cajoler un peu.

Finalement, je n’ai toujours pas réussi à planifier notre itinéraire. Et j’ai bien peur de ne pas pouvoir voir tout le monde. Mais bon, c’est sans doute un beau problème.

Car avant que vous me le fassiez remarquer, je sais très bien que trop de personnes passent leurs Fêtes en solitaire ou trop loin de leurs proches.

Alors oui, je vais tout faire pour pouvoir prendre chacun des miens dans mes bras, même si ça relève cette année du tour de force. 

Sur ce, passez de belles Fêtes et, surtout, profitez-en pour vous reposer pour moi !