L’Anse-Saint-Jean propose un beau terrain de jeu pour les randonneurs.

Montez un mont et respirez

CHRONIQUE / Plus je vieillis et plus je ressens l’appel de la nature. Je vous rebats d’ailleurs les oreilles avec ça depuis que j’ai passé le cap des 30 ans. Mais voyez-vous, je me suis découvert une nouvelle passion depuis quelques mois. La randonnée. À vrai dire, si j’étais indépendante de fortune, je passerais ma vie à faire de la randonnée pédestre.

« Tu devrais faire Compostelle », m’a dit une amie, le week-end dernier, alors que nous faisions, justement, une petite randonnée à L’Anse-Saint-Jean.

Mais c’est justement ce qui est fabuleux, avec la randonnée pédestre. Nul besoin de faire des kilomètres et des kilomètres de voiture ou d’avion pour se délecter de paysages grandioses et arpenter de magnifiques sentiers. On est chanceux, au Québec, nous vivons dans un petit paradis pour randonneurs. Simplement au Saguenay, les amoureux de la nature en auront pour leur argent. Même plus, puisque les plus beaux sentiers sont encore gratuits.

J’ai monté la montagne qui surplombe la baie des Ha ! ha ! , communément appelée le sentier Eucher, une dizaine de fois cet automne. Je voulais voir et immortaliser la forêt qui se colorait au fil des semaines. Je suis d’ailleurs bien fière, puisque j’ai nettement amélioré mon temps de montée, en plus d’assister à un spectacle tout aussi magnifique et différent, d’une semaine à l’autre.

La randonnée me permet de me connecter avec l’instant présent, ce que j’ai bien de la difficulté à faire. J’ai toujours hâte à quelque chose d’autre, ce qui est assez épuisant à la longue. C’est d’ailleurs lors de la Journée mondiale pour la santé mentale que j’ai réalisé que cette activité physique me permettait de mieux gérer mon anxiété. Vous savez, ce maudit mal qui nous ronge l’intérieur. Précisément, je l’ai réalisé au sommet du sentier Eucher, en regardant l’immensité du Saguenay. Je suis certaine que si j’avais le temps de faire une randonnée quotidienne, mon moral, mon stress et mon humeur en sortiraient gagnants.

Tout le monde s’entend d’ailleurs pour le dire. L’activité physique est un antidépresseur naturel. Et lorsqu’on y ajoute les beautés de la nature et l’ascension d’un sommet, même s’il ne s’agit pas de l’Everest, on a un trio gagnant. Parce qu’atteindre un sommet procure un sentiment de satisfaction personnel non négligeable. Même s’il ne prend pas des jours et des jours à atteindre et qu’on ne risque pas notre vie pour y arriver.

Alors si vous êtes comme moi et que, par certains moments, l’anxiété prend un peu trop d’espace dans votre vie, montez un mont. Qu’il soit petit ou immense. Respirez et regardez. Et si ça ne vous fait pas de bien, au moins, vous aurez apprécié le paysage et brûlé quelques calories. Patricia Rainville