L’ignorance mécanique

CHRONIQUE / Avertissement. Cette présente chronique peut contenir des propos sexistes. Nous préférons vous en avertir.

Qui dit changement de saison et changement d’heure dit changement de pneus. L’un de mes calvaires bisannuels. Une étape qui me fait royalement suer et que je préfère ignorer jusqu’à ce que les premières neiges m’y obligent.

J’ai procédé à mon changement de pneus la semaine dernière. Non pas parce que j’y étais absolument obligée, il n’y a même pas encore eu accumulation au sol, mais bien parce que mon cher chum me l’a fortement suggéré. Une chance que les hommes de ma vie sont là pour me guider en matière automobile, sinon, je crois que je n’aurais pas encore mon permis de conduire. Et si, par miracle, j’en avais eu un sans que mon père me pousse dans le derrière, mon auto serait sans doute chaussée en pneus quatre saisons à longueur d’année. J’ai réellement besoin d’assistance masculine lorsqu’il est question de mon automobile. Je l’admets sans gêne. Mais cette triste réalité me cause bien souvent des ennuis.

Curieusement, je paye toujours plus cher que mon chum lorsque je vais au garage. Je peux vous sortir les factures pour prouver mes dires. La même job, mais pas le même prix. Curieux, non ?

Mon chum est même déjà retourné au garage pour engueuler celui qui m’avait un peu trop pris pour une conne. Ça m’avait alors coûté mon budget de vacances...

J’ignore si c’est parce que j’ai un sexe féminin entre les deux jambes ou si c’est simplement parce que je suis complètement ignorante en mécanique automobile, mais j’ai toujours l’impression de m’être fait avoir en sortant du garage. Bon, je sais, il y a des garagistes tout à fait charmants, mais le problème, c’est que certains d’entre eux semblent utiliser cette ignorance pour m’en passer une petite vite.

Et c’est facile de m’en passer une petite vite dans ce domaine. C’est comme chez le dentiste. Tu me dis que ma dent va tomber et je vais aveuglément me la faire réparer sans poser de plus amples questions. Tu me dis que mes freins sont finis et que c’est dangereux pour ma vie et je vais les faire changer sans m’obstiner. J’essaie, pourtant, de sortir mon air de fille qui connaît ça, mais je dois être facile à berner puisque ça ne fonctionne jamais.

Ma tendre moitié me chicane d’ailleurs souvent à propos de mon véhicule. « Regarde-la, ton auto ! Tu vois bien qu’il manque un boulon à ta roue ! », m’a-t-il dit, l’autre jour. Comme si j’inspectais ma voiture à chaque sortie. Mon cerveau ne fonctionne simplement pas pour comprendre les affaires de chars. Il n’a pas été conçu pour devenir mécanicien ni pour en comprendre quoi que ce soit.

Alors je laisse ça aux hommes de ma vie. Il faut bien qu’ils soient meilleurs que moi dans certains domaines.

Je vous avais prévenus que je pouvais faire usage de propos sexistes. Patricia Rainville