«Oui, j'adore courir les ventes de garage. Et l'expression « courir » prend ici tout son sens, parce qu'il faut que je me contienne pour courir d'une table à l'autre lorsqu'il y a un rassemblement.»

Les trésors oubliés

CHRONIQUE / Le printemps est arrivé (faisons semblant un instant, voulez-vous ?), et avec lui vient la deuxième chose la plus extraordinaire de cette saison (après les sucres): le retour des ventes de garage.
Nous sommes dans cette période bénie où les pancartes poussent plus rapidement que les feuilles des arbres. C'est l'occasion de faire son ménage de printemps et tout ce qui n'a pas servi depuis un an (ou plus) se retrouve sur le bord du chemin, à faire le bonheur d'un autre.
Oui, j'adore courir les ventes de garage. Et l'expression « courir » prend ici tout son sens, parce qu'il faut que je me contienne pour courir d'une table à l'autre lorsqu'il y a un rassemblement.
Un exercice merveilleux
Je trouve qu'il s'agit d'un exercice merveilleux, parce que lorsque le soleil brille, ça permet de découvrir des recoins de quartiers oubliés dans la bonne humeur. Il y a les ventes individuelles, la « mai-ga » vente de Saint-Bruno pour lancer les « festivités », mais le Klondike, c'est et ce sera toujours la vente Rio Tinto, laquelle vient clore une saison de recherches. Est-ce que je surprends quelqu'un si je vous dis que je suis l'une des premières en ligne ?
Chaque table, chaque maison représentent l'espoir de trouver cette chose que l'on cherche depuis des années. On ne sait jamais quelle surprise nous attend, et c'est la beauté de la chose. Les déchets des uns sont les trésors des autres ! (quoique les déchets des uns sont tout aussi souvent... des déchets, point.)
J'ai trouvé tellement de trucs, au fil des ans, c'en est presque gênant. La surconsommation, ça existe même dans les ventes de garage !
Je me suis bâti un coffre à jouets pour les enfants de mes amies, question qu'ils jouent avec d'autres choses que mes souvenirs de voyage lorsqu'ils viennent chez moi. J'ai mis la main sur le plus décadent château de Playmobil - je vous avouerais que je ne sais pas si je l'ai acheté pour eux ou pour moi ! -, des livres, des séries télé, des jeux vidéo, la liste est longue !
Les mains vides
Mais il y avait un vide dans mes recherches. Une mission dont je revenais toujours les mains vides. J'ai toujours recherché un vieux jeu de société pour enfants, « Le jeu hamburger », sorti en 1989 si je me fie à Internet, avec lequel j'avais l'habitude de jouer chez ma tante. Pas la nouvelle version, non, la version vintage, svp ! Avec les images de l'oignon qui pleure, du steak qui a chaud, de la moutarde dans un tube de dentifrice (faudra me l'expliquer celle-là !)...
Chaque fois qu'il y avait une vente, je me dirigeais du côté de la pile de jeux poussiéreux. Jamais de Hamburger, mais à peu près un milliard de Charivari ou de Quelques arpents de pièges d'il y a 30 ans. C'était devenu une quête avec mes amies, et j'avais même enrôlé un collègue du journal, qui lui aussi cherchait un jeu plutôt rare.
Vous remarquerez que le dernier segment est au passé. Parce que je suis maintenant la fière propriétaire du jeu Hamburger. C'est ma cousine qui a mis la main sur le Saint-Graal et qui n'a pu s'empêcher de me le donner plus tôt que prévu. Ç'a été un deuxième Noël, c'est moi qui vous le dis ! Ça faisait près de cinq ans que je le recherchais...
Sauf que là, je cherche quoi ?
C'est vrai, j'ai mis la main sur l'objet ultime, je fais quoi maintenant ? Quelque chose me dit que je vais me découvrir rapidement un nouveau besoin !