Alexandre Cloutier était accompagné de sa conjointe Marie-Claude, mardi, pour annoncer son retrait de la vie politique.

Les phénix de la politique

CHRONIQUE / Ça m’a fait bizarre d’apprendre qu’Alexandre Cloutier ne fera plus partie de notre paysage politique régional. Pas parce que je suis une grande admiratrice ni une électrice du député de Lac-Saint-Jean. En tant que journaliste, on n’a pas d’opinion politique, vous le savez très bien (insérer ici un peu de sarcasme). Et, de toute façon, je ne demeure pas dans sa circonscription. Ce n’est pas non plus parce que le monsieur n’est pas le plus laid des politiciens que la terre ait porté.

Si ça m’a fait un peu bizarre, c’est qu’Alexandre Cloutier était déjà député lorsque j’ai débuté ma carrière de journaliste en 2008. 

Je n’ai pourtant pas eu à le fréquenter régulièrement. En faisant une petite recherche dans les archives du journal, j’ai retrouvé 49 textes avec ma signature le concernant. En 10 ans, ce n’est pas un nombre exceptionnel. 

À titre comparatif, j’ai écrit 103 textes concernant son homologue de Jonquière, Sylvain Gaudreault, pour la même période de temps.

De plus en plus, ceux qui ont croisé ma route dès mes premières semaines au journal quittent maintenant le navire. 

On dirait que ça me donne un coup de vieux.

Certains ont pris leur retraite. Je pense notamment au relationniste de la Sûreté du Québec Jean Tremblay, à qui j’avais d’ailleurs consacré cette chronique il y a quelques semaines, pour le saluer. Je pense aussi à son homonyme, l’ex-maire de Saguenay. Je pense aussi à bien des conseillers municipaux, qui, on dirait, étaient déjà en poste au moment de ma naissance. Je pense aussi à l’évêque du Diocèse de Chicoutimi, Mgr André Rivest. Je l’ai tout de même interviewé une trentaine de fois au cours de ces dernières années. Je l’ai davantage côtoyé que tous mes oncles et toutes mes tantes réunis. 

C’est tout de même bizarre lorsqu’on y pense. Toutes ces personnes qu’on côtoie sur une base régulière dans le cadre de notre travail et qui, du jour au lendemain, n’y sont plus. Parce qu’Alexandre Cloutier, les deux Jean Tremblay, tous ces conseillers et Mgr André Rivest, je ne les fréquenterai sans doute plus jamais. Bon, peut-être que certains reviendront dans l’actualité sous une autre forme, mais s’ils ont décidé de se retirer à tout jamais, ma relation avec eux n’aura pas de suite. 

Ce ne sont pourtant pas des collègues, mais seulement des intervenants avec qui nous sommes appelés à discuter une fois de temps en temps. Je ne peux pas dire que je suis peinée de les voir partir. Mais, comme je le disais plus tôt, ça me donne un coup de vieux.

Et des gens qui quittent pour la retraite ou qui se lancent dans de nouveaux projets, il y en aura encore à la tonne. Je vais devoir m’habituer. 

Je ne serais toutefois pas étonnée de voir revenir certains d’entre eux, comme ce fut le cas avec des intervenants qui ont croisé ma route au début de ma carrière. Et certains nous marquent plus que d’autres. Je pense notamment au syndicaliste Marc Maltais, que nous avons appris à connaître dans le temps du lock-out à l’aluminerie d’Alma, il y a de ça plusieurs années déjà. Bien qu’il ne soit jamais vraiment disparu de l’actualité, il y est revenu en force il y a quelques mois lorsqu’il s’est présenté candidat bloquiste dans Lac-Saint-Jean. 

Même chose pour Michel Potvin, qui avait brigué la mairie de Saguenay en 2009. Peut-être qu’il ne s’en souvient pas, mais c’est moi qui avais annoncé son intention de faire face à Jean Tremblay à l’époque. J’avais eu de la misère à obtenir cette entrevue. J’étais allée cogner chez lui quelques fois avant qu’il accepte de me jaser. Si je m’en souviens si bien, c’est que cette entrevue a été le premier vrai scoop de ma carrière. Il n’avait pas été élu cette fois-là, mais voilà que l’homme est maintenant conseiller municipal.

Je ne serais donc pas étonnée de voir revenir Alexandre Cloutier sous une autre forme. Parce que plusieurs politiciens sont un peu comme les phénix. Ils finissent souvent par renaître de leurs cendres.