Les amitiés d’été

CHRONIQUE / Même si les derniers jours ont laissé paraître tout le contraire, la saison du camping est bel et bien entamée.

Des milliers de Québécois regagneront leur véhicule récréatif, roulottes, fifthwheel, roulottes de parc, tentes-roulotte ou tentes. Ce n’est pas le choix qui manque dans cet univers !

Autant j’adore le luxe, le confort et les belles choses, autant je retrouve mon petit bonheur dans le camping. Sans grande surprise, je n’en suis pas à la première contradiction...

Je vous le jure, j’arrive à conjuguer les bulles d’un bon cidre aux guimauves grillées.

Cet amour pour le camping, dont les feux de fin de soirée et l’ambiance relaxante, me provient de mes parents.

Du plus loin que je me souvienne, nous passions la majeure partie de nos étés, ensemble, au camping.

Au début, le camping accompagnait la passion de mon père pour la pêche au saumon. Nous avons ainsi fait le tour de la Gaspésie et de la Côte-Nord en mode camping en plus d’effectuer des dizaines de séjours à Bardsville.

Après plusieurs années à sillonner le Québec, mes parents ont joint le club des saisonniers. Ceux qui occupent pendant plusieurs mois des maisons sur roues dotées des plus grandes technologies et tendances dignes des plus grands hôtels.

Ce n’était plus nous, les nouveaux du camping. Les rôles étaient maintenant inversés, nous jetions un oeil sur les campeurs de passage l’instant de quelques jours. Après tout, le camping était un peu devenu notre chez nous.

La transition de la fin de nos aventures aux quatre coins de la province vers le même emplacement de camping, et ce, jour après jour, ne m’a guère dérangée.

Voyez-vous, j’étais adolescente et je me trouvais pas mal seule à découvrir le Québec en compagnie de mes parents.

Habitant une petite localité d’à peine quelques centaines de personnes, j’étais littéralement aux anges de me retrouver dans un camping situé à proximité de la grande ville.

Il y avait plus de jeunes de mon âge dans ma rue de camping que dans l’entièreté de mon village. Et j’exagère à peine.

J’attendais impatiemment la fin des classes afin de retrouver mes « amis du camping ». De mai à septembre, j’avais la chance de passer le plus clair de mon temps avec eux. Ma grande amie se retrouvait à quelques emplacements de chez moi alors qu’en temps normal, une heure de voiture nous séparait.

Bons coups et mauvais coups ont meublé nos étés. Chaque nouvelle journée en était une d’aventures et de projets. Des journées à la piscine, d’autres à vélo et plusieurs nuits à la belle étoile afin d’observer les perséides.

Les années ont passé et les amis de camping ont même commencé à sortir dans les bars ensemble.

Assez ironique, pendant des années, j’ai adoré le camping parce qu’il me permettait de retrouver mes amitiés estivales. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. J’adore le camping parce qu’il m’offre la paix à petit prix.