Le rêve d’être son propre boss

CHRONIQUE / Je n’ai jamais eu la flamme entrepreneuriale. L’étincelle qui pousse à développer un projet, une idée, et d’en faire son gagne-pain, je ne l’ai jamais ressentie.

Curieusement, je suis une personne assez paresseuse. Si je dis curieusement, c’est que les journalistes ne sont pas réputés pour être des travailleurs paresseux. Et, au travail, je suis loin de me traîner les pieds. Mais je ne m’imagine pas bâtir un projet de A à Z. Trop d’ouvrage. Trop de risques. Trop de sacrifices. Même le mot entrepreunariat est un casse-tête à épeler. 

À bien y penser, je ne crois pas que ce soit par paresse, mais peut-être plutôt par peur. Lorsque je vois les jeunes entrepreneurs que je connais, et aussi les plus âgés, se lancer corps et âme pour développer un projet et courir tous les risques qui s’y rattachent, ça m’impressionne. Si ça m’impressionne, c’est certainement parce que je n’aurais pas le courage de le faire moi-même. C’est probablement aussi l’inconnu qui me pousse à craindre l’entrepreneuriat. Je n’ai pas eu de modèle d’entrepreneur, au cours de mon enfance ou de mon adolescence. 

Et rien, au cours de ma vie, ne m’a attiré vers ce modèle de carrière. Je me souviens qu’au secondaire, les fameux tests d’orientation m’amenaient toujours vers des métiers plutôt artistiques. Les communications ont toujours fait partie de mes résultats d’orientation. L’entrepreneuriat, jamais. 

Je n’ai jamais caressé le rêve d’être mon propre boss. Imaginez, je n’ai même jamais rêvé de devenir riche.

Mais, même si l’entrepreneuriat ne m’a jamais fait de l’œil, il n’en demeure pas moins que je lève mon chapeau à ceux et celles qui épousent ce type de carrière. 

La semaine dernière, je visitais d’ailleurs un ami, qui travaille d’arrache-pied à son nouveau projet, la culture de piments forts. À le voir aller, je ne m’étais pas imaginé à quel point la charge de travail était énorme. 

Tout de A à Z

Il fait tout de A à Z, de la plantation jusqu’à la commercialisation de ses cinq sauces piquantes. Il passe ses soirées et ses nuits à équeuter ses dizaines de kilos de petits piments, qu’il a préalablement cueillis. Il les plonge ensuite dans des bocaux, pour que les petits piments marinent jusqu’à ce qu’ils soient prêts pour la fabrication des sauces. 

On ne s’imagine pas la charge de travail qu’il y a derrière chaque petite bouteille de sauce. Et je dois avouer que je ne croyais pas qu’il travaillait aussi fort jusqu’à ce que je l’aide, durant toute une soirée. 

C’est aussi à ce moment-là que je me suis rendu compte qu’une qualité était indispensable à tout bon entrepreneur. La force de croire en son projet. C’est d’ailleurs cette qualité qu’il me manquerait si je devais devenir entrepreneur. Mon côté pessimiste me mettrait sans doute des bâtons dans les roues. 

Et c’est aussi ce qui m’impressionne de ceux et celles qui développent leur idée en ne doutant jamais, ou que très rarement, en leurs capacités à mener à bien leur projet.

Il me semble que je serais du genre à baisser les bras au premier obstacle et à me remettre en question à chaque petit doute. 

Mais bon, probablement que ce n’est pas tout le monde qui est fait pour diriger sa propre entreprise. Je suis toutefois bien bonne pour consommer les produits et les services de ceux et celles qui ont cru en leur idée !