Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Vous avez été nombreux à m’écrire à la suite de la publication d’un article dévoilant la fraude de la thermopompe.
Vous avez été nombreux à m’écrire à la suite de la publication d’un article dévoilant la fraude de la thermopompe.

Le journalisme utile

CHRONIQUE / Si vous avez l’habitude de consacrer quelques minutes à lire nos chroniques de samedi en samedi, vous aurez certainement remarqué que, depuis quelques mois, je digère mal certains courriels reçus. Des messages qui manquent, de manière générale, de respect, de nuance et de politesse, la simple base. Je vous rassure, il ne s’agit que d’exceptions. Mais comme dans tout, c’est souvent l’exception qui retient l’attention et, dans mon cas, c’est ce qui occupe mon esprit.

J’ai profité de ces différents papiers pour décrier à maintes reprises à quel point nos rapports sur les réseaux sociaux font pitié. Eh bien, bonne nouvelle ! Je crois m’être réconciliée avec cette sphère pas toujours rose de mon métier.

Et c’est en grande partie grâce à plusieurs lecteurs. Merci d’avoir pris quelques minutes de votre temps pour me faire part de vos commentaires et de vos expériences. Vous avez été nombreux à m’écrire à la suite de la publication d’un article dévoilant la fraude de la thermopompe.

J’y ai expliqué le retour de ce stratagème qui a été observé, entre autres, à Saint-Augustin et à Desbiens. Des vendeurs débarquent chez vous à la suite d’un appel où on vous fait miroiter des économies de plusieurs milliers de dollars. Les clients signent un contrat pour un système de chauffage vendu à des prix tout simplement honteux. Et accompagné d’un copieux taux d’intérêt.

Un lecteur m’a témoigné avoir vécu, il y a quelques années, une situation du genre. L’achat qu’il avait accepté à la presse a été financé sur une période de 10 ans et s’élevait au final à plus de 25 000 $.

Mon collègue Julien Renaud a lui aussi consacré une chronique à ce sujet. Disons qu’il a vécu le stratagème de l’intérieur alors que des vendeurs se sont présentés chez ses parents alors qu’il était présent.

Moisson d’Alma

J’ai également eu humblement l’impression de bien faire mon travail en rapportant le niveau dangereusement bas des denrées disponibles à la Moisson d’Alma. En plus du traditionnel papier, la version numérique de cet article a été partagée des centaines de fois.

Mon collègue Julien Renaud signait son papier en disant être pour le journalisme utile. Il ne pourrait avoir plus raison. Journalisme utile, c’est ainsi que je pourrais résumer ma dernière semaine de travail. J’ai eu l’impression d’être utile, une impression qui est loin d’être désagréable.

Certes, je n’ai pas trouvé la recette miracle à tous nos problèmes, mais j’ai un sentiment de fierté en pensant à ce que deux articles et des milliers de lecteurs ont permis, d’un côté, d’éviter bien des casse-têtes, et de l’autre, d’aider un organisme qui supporte, à son tour, des centaines de personnes.

Ça sonnera certainement cliché, j’en conviens, mais c’est ça ma vraie paye !