Le harcèlement publicitaire

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’ai reçu un courriel, comme j’en reçois à la tonne chaque jour, d’une boutique de vêtements. C’était une boutique de lingerie, avec des petites culottes particulièrement osées. J’ai cliqué sur le lien, histoire de rigoler un peu. J’ai surfé quelques minutes à peine sur le site Web. J’ai cliqué sur deux modèles pour les voir de plus près. Puis, j’ai quitté ma recherche. Sans rien acheter.

Deux heures plus tard, j’ai reçu un second courriel de la même boutique. L’objet du courriel était «Tu y penses toujours?», avec, en photo, les deux modèles qui avaient attiré mon attention deux heures plus tôt.

Je vais vous le dire, cette nouvelle façon de faire de la publicité me tanne au plus haut point.

Nous en sommes à avoir plus de publicités sur nos pages Facebook que de publications de nos amis.

Dans le cadre de mon travail, je dois faire des recherches sur Internet régulièrement. Des recherches qui n’ont strictement rien à voir avec mes goûts personnels. Et dont je ne veux pas entendre parler par la suite. Mais bon, cette jungle qu’est Internet ne fait pas trop la différence. Si je fais une recherche sur les voitures électriques ou sur les camionnettes dans le cadre d’un reportage, je vais ensuite être bombardée de publicités de gros camions et de voitures qui n’émettent pratiquement pas d’émission de gaz à effet de serre en même temps. Trouvez l’erreur.

Le Web doit être mêlé pas à peu près lorsque je fais des recherches sur les partis conservateur, libéral et néo-démocratique en même temps...

Je ne me considère pas comme une fille influençable. Il est rare que la publicité me fasse dépenser des sommes folles.

Mais depuis que Facebook, Instagram et alouette s’en mêlent, je vous avouerai que je me laisse plus prendre au jeu.

Et ça m’écoeure un peu, puisque ces géants du Web ne payent pas une cenne en taxes et en redevances. Je suis conscientisée à la chose et je me laisse prendre au piège quand même. Comme une novice.

Par exemple, j’ai fait une petite recherche Web il y a quelques semaines, puisque je désirais une nouvelle paire d’espadrilles de course. Les magasins ne m’offraient pas ce que je cherchais, alors j’ai poussé mon magasinage un peu plus loin. Depuis ce temps, mon cellulaire est envahi par les publicités d’articles de sport. Et je dois admettre qu’il s’agit de l’une de mes cordes sensibles. Je n’ai encore rien acheté, puisque je déteste attendre des jours avant de recevoir mon achat. Mais quand même, la publicité me fait de l’oeil et je peux passer plusieurs minutes à perdre mon temps sur les sites de New Balance ou de Salomon, pour ne pas les nommer. C’est à la limite du harcèlement.

Et je suis chanceuse, ce n’est tout de même pas trop compromettant comme recherche. Parce que vous en apprendrez certainement beaucoup sur une personne si vous surfez sur sa page Facebook via son propre compte. On disait, auparavant, qu’on n’avait qu’à fouiller dans les poubelles de quelqu’un pour le connaître. Aujourd’hui, vous n’avez qu’à fouiller son profil Web.

Plus ça change, plus c’est pareil.