Photo prise l'an dernier lors de la première édition de la course de la Fondation pour l’enfance et la jeunesse.

Le don ultime

Donner un petit deux aux gentilles dames et charmants messieurs qui attendent aux portes de l’épicerie, c’est généreux.

Mais si collectivement, on augmentait d’un cran notre implication sociale, le Québec se porterait mieux.

Je ne m’apprête pas à vous faire la morale. Rassurez-vous. Je suis loin d’être un as de l’engagement social. 

Mais cette année, je me suis impliquée plus que jamais dans des causes, dont celle de la Fondation pour l’enfance et la jeunesse. Disons que le président d’honneur n’a pas eu de difficulté à me convaincre... Psst, c’est le père de ma fille.

Je fais donc partie des quelque 20 ambassadeurs qui donnent du temps à cette organisation qui supporte financièrement les jeunes du Centre de protection de l’enfance et de la jeunesse (CPEJ) et des centres de réadaptation pour jeunes en difficultés d’adaptation (CRJDA) du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean. J’en veux encore à Gaétan Barette pour cette interminable appellation. 

Les jeunes desservis par le CPEJ (défunt centre jeunesse) ce n’est pas la clientèle chouchou du milieu caritatif. De plus en plus de gens, heureusement, s’impliquent pour eux. « L’avenir est la jeunesse », ont répété les criminalistes Bouchard, Boulianne et Cantin, l’an dernier, avant de monter le Kilimandjaro au profit de cette cause. 

Moi, mon implication est encore mineure. Je ne fais qu’amasser un peu de sous en vue de la Course pour l’enfance et la Jeunesse qui aura lieu le 12 mai à Chicoutimi. 

Monter une montagne, c’est plus difficile. Mais on est encore loin du don ultime.

Je pense aux quelque 232 familles d’accueil et 85 familles de proximité de la région qui offrent réconfort et soutien aux jeunes de moins de 18 ans. Des jeunes dans le besoin, qui vivent une situation compromettant leur sécurité ou leur développement. La menace peut venir de leur entourage, que ça soit par de la violence, des abus sexuels, de la négligence grave ou l’abandon. Mais elle peut venir aussi de leur propre comportement, par des fugues, de l’agressivité, des abus de drogues ou même des tentatives de suicide. Il y a autant d’histoires qu’il y a de jeunes.

Il y a deux ans, mon conjoint m’avait manifesté son désir de devenir un jour famille d’accueil. Je l’avoue, j’étais sous le choc. J’aime m’impliquer, mais on parle ici d’un autre niveau.

Deux personnes qui travaillent beaucoup, qui ont un style de vie moins traditionnel. Probablement qu’on ne serait pas parfaits pour accueillir un jeune dans le besoin. 

« C’est ce préjugé qu’on veut enlever », m’ont confirmé cette semaine les gens du CIUSSS. Pas obligé d’être un homme et une femme vivant dans un bungalow pour devenir famille d’accueil. J’avais cette image en tête. En fait, c’est la seule que je connais. C’était dans ce genre de foyer qu’un de mes amis au secondaire vivait. Le père travaillait à l’usine et la mère restait à la maison. Ils avaient trois ou quatre adolescents sous leur toit.

Est-ce que vous saviez qu’une carriériste seule, un couple homoparental ou un homme célibataire peuvent aussi accueillir des jeunes ? Moi, je l’ignorais.

Ça prend évidemment une bonne base, comme une stabilité financière, une bonne santé physique et psychologique et aucun antécédent judiciaire en lien avec les aptitudes et le comportement requis pour devenir une famille d’accueil. Le gros bon sens, hein ?

Le CIUSSS s’apprête d’ailleurs à lancer une campagne pour encourager les gens de toute sorte à ouvrir leur maison et leur coeur. L’objectif, recruter 50 nouveaux foyers pour la région. Pour la première fois, d’ailleurs, les travailleurs du Centre jeunesse seront invités à devenir famille d’accueil, chose qui dans le passé était inconcevable. Pourtant, ils sont bien placés pour voir les besoins et s’ils travaillent là, c’est qu’ils ont à coeur le développement des jeunes. 

Devenir famille d’accueil, ça, ça fait une différence. Une chance qu’il y a ces hommes et ces femmes qui donnent généreusement à la jeunesse. 

C’est rare qu’on finisse une chronique en remerciant des gens, mais j’y tiens. 

Vous contribuez à un meilleur Québec et j’espère qu’on vous le dit souvent.