Les différentes tenues de Catherine Dorion font jaser depuis l’élection de la candidate solidaire, en octobre 2018.

Le déco-quoi?

CHRONIQUE / Le décorum. Le fameux décorum. En a-t-on assez entendu parler, la semaine dernière, avec la soif de confort de la députée solidaire Catherine Dorion à l’Assemblée nationale? Sans doute, mais j’ai quand même le goût d’en rajouter.

Qu’on mette quelque chose au clair immédiatement. Je suis assez déchirée sur la question. D’un côté, je suis un peu découragée qu’on fasse tout un plat pour une histoire de guenille et d’un autre, je suis d’avis que porter un coton ouaté en chambre n’était sans doute pas l’idée du siècle. Un moment donné, peut-on se forcer un peu? Juste un petit peu. Il y a 1001 endroits où le coton ouaté est le bienvenu. Et il y a 1001 autres vêtements approuvés par le code vestimentaire et tout aussi confortables. Et ne venez pas me dire que c’est devenu une question de liberté d’expression et de féminisme. Je suis féministe et je suis une défenseuse de la liberté individuelle, mais je ne monterai jamais aux barricades parce qu’on empêche une députée de siéger en coton ouaté. Ce n’est toujours bien pas devenu un droit constitutionnel.

C’est juste une question de décorum. Et le décorum, il doit parfois être respecté. Attention, je ne remets pas en doute les qualités et l’intelligence de la députée, simplement son jugement vestimentaire. Et c’est bien dommage que ce qu’elle a à dire soit enterré par de telles controverses.

Depuis quelque temps, je suis affectée à la couverture judiciaire du journal. Et s’il y a un endroit où le décorum est bien présent, c’est justement au palais de justice. Les procureurs n’ont pas à se casser la tête côté vestimentaire, ils portent la toge depuis belle lurette. Et ça leur sied à merveille.

Lorsque mon patron m’a demandé si la couverture du milieu judiciaire m’intéressait, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai toujours beaucoup aimé raconter ce qui se passe au tribunal. Mais je me suis posé une question des plus sérieuses. Comment allais-je m’habiller, jour après jour, pour couvrir tous ces procès?

Vous allez peut-être rire, mais on ne peut pas s’habiller comme on veut, quand on se présente en cour. Bon, il y a un certain relâchement depuis quelques années en ce qui concerne ce qui est interdit ou pas devant les tribunaux. Il y a plusieurs années, un photographe du journal avait été invité à quitter la salle parce qu’il était en bermuda. Aujourd’hui, on voit régulièrement des prévenus se présenter en combinaison de travail bleue usée et noircie et en bottes de chantier. Ils arrivent de la job et ils n’ont sans doute pas eu le temps de se changer avant de passer devant le juge, me direz-vous... J’ai même déjà vu un jeune homme se présenter devant le juge avec un chandail sur lequel on voyait un dessin d’un doigt d’honneur.

On dit que l’habit ne fait pas le moine. Mais ce n’est tout de même pas une raison pour s’habiller comme la chienne à Jacques.