Le buzz des réseaux sociaux

CHRONIQUE / Je vous avise d’entrée de jeu : vous n’apprendrez rien de bien scientifique concernant le cannabis en lisant les lignes subséquentes.

On va plutôt jaser, comme on le ferait autour d’une bonne bière, ou depuis mercredi, autour d’un gros joint. Je blague ! J’ai écrit cette chronique en buvant mon café au doux son de ma laveuse à spin.

Depuis mercredi, je plane. Un peu à l’image d’un spectacle sur les Plaines ou à une soirée de Saint-Jean-Baptiste. Même si je n’ai pas fumé, je suis convaincue de vivre les effets de la fumée secondaire. Les autres fument et je vis, quand même, un buzz ! Avouons que mercredi, le buzz était davantage présent sur les réseaux sociaux. Les tremblements, la paranoïa et le délire se faisaient sentir. Ces effets secondaires étaient présents, non pas auprès de ceux qui consomment, mais, oh ! surprise, chez ceux qui s’y opposent et prennent un malin plaisir à s’attaquer à l’autre clan.

Vous étiez intenses sur les réseaux sociaux. « Est-on surpris ? Vive le gouvernement syndical à l’os. Vive le Québec de branleux », pouvait-on lire, en réponse à la brèche informatique sur le site de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

« Ils ont pris le contrôle en légalisant. Même les Sags seront soumis à des tests. C’est cela que Justin voulait. Amusez-vous chez vous, mais pour le reste, on va voir. » Je vous rassure, utilisateurs du réseau social de Mark Zuckerberg, j’ai fait ma petite enquête. Un collègue dédié aux sports m’a confirmé que les tests antidopage existent déjà. Les joueurs des Sags sont soumis, au hasard, à des tests du genre. Rien à voir avec la légalisation du cannabis.

« Manque de main-d’oeuvre au Québec. Où sont-ils ; file d’attente pour achat de cannabis », ai-je encore lu. J’ai ri fort, non pas parce que le cannabis fait partie de ma routine quotidienne, mais pour cette succulente blague.

Amusons-nous. Imaginez un instant qu’on comble la pénurie de main-d’oeuvre avec ceux qui ont fait la file pour entrer et acheter à la SQDC.

D’abord, c’est tout un raccourci intellectuel d’affirmer que tout ce beau monde ne travaille pas. Loin de moi l’envie de péter votre bulle et de faire l’apologie du tabac qui faire rire, mais il y a des gens qui travaillent à d’autres moments que le jour. Il y a aussi des gens qui travaillent et qui consomment de l’herbe. Hélala !

Pourvoir les postes vacants avec des consommateurs de cannabis semble être une solution peut-être pas si folle. Selon le site Internet du gouvernement du Québec, la consommation de cannabis peut provoquer des effets de sensation de bien-être ; une impression de calme et de relaxation, et une tendance à parler plus que d’habitude ou une envie spontanée de rire.

Force est d’admettre que le service à la clientèle en serait grandement amélioré. Je plaisante, je suis consciente qu’il existe une multitude d’effets secondaires, dont plusieurs dramatiques. En ce moment, ceux qui ont le droit de stresser sont plutôt ceux qui ont commandé via le site Internet de la SQDC alors que plane – très fort jeu de mots, j’en conviens – la menace d’une grève chez Postes Canada. Pour vous, lecteurs allumés, soyez sans crainte, Postes Canada confirme être en mesure de livrer les colis sans problème.

Pour les autres, stressés par le fait de savoir que depuis mercredi, les consommateurs achètent dans un magasin qui a pignon sur rue plutôt que dans un appartement qui est peut-être voisin de vote bungalow, sachez que la science confirme que le cannabis a des propriétés relaxantes...