Le bonheur en échange de visibilité

CHRONIQUE / Petit mari se ferait un vilain plaisir de vous le confirmer, j’ai la main soudée à mon téléphone intelligent. Bien vrai, je l’assume!

Force est d’admettre que ma relation avec ce bidule est platonique, mise à part lire des tonnes d’articles et dénicher quelques projets pour la maison, il ne se passe pas grand-chose sur l’autoroute virtuelle du futur.

Mon temps, visiblement pas très précieux, se limite, en grande partie, à Pinterest et Instagram.

Sur le premier site qui a des allures de babillard, je sélectionne ces nombreux projets, recettes et idées d’entraînement que je ne regarderai probablement plus jamais.

Il y a de tout pour faire rêver. Au fil des années, j’ai alimenté des tableaux dédiés à mon jardin, au zéro déchet, à la couture et au voyage. Pinterest fut un invité important de mon mariage, il a fourni tellement d’idées.

Le reste de mon temps passé à surfer du le Web est dédié à Instagram. Encore là, aucune marche à suivre pour se rendre sur Mars.

Je file de compte en compte à travers des milliers d’abonnements. Des tutoriels capillaires que je ne saurais reproduire, des recettes de tous les genres et, bien sûr, quelques influenceurs.

Pour les non-initiés, c’est ce nouveau métier en vogue chez les jeunes. Nous pourrions résumer cela à des personnes actives sur les réseaux sociaux qui obtiennent une rémunération de marques en échange de promotion.

Bienvenue dans le merveilleux monde du marketing d’influence. C’est un univers complexe qui comprend des échanges, des partenariats, des cadeaux et des rémunérations pour de la visibilité. Il faut avoir l’oeil puisque c’est un tout petit mot-clic qui nous rappelle que c’est de la publicité.

Ces temps-ci, mes abonnements dédiés à des influenceurs fondent comme neige au soleil. Voyez-vous, je n’aime pas quand cela sonne faux. Je déteste les semaines thématiques. Tadam! Tout le monde aime les pâtes de telle compagnie. La semaine suivante, c’est la nouvelle poussette du futur qui est en vogue.

J’ai souvenir de l’hiver dernier, alors que tout le bottin de l’Union des artistes avait reçu un manteau. Les vedettes ont publié une photo bien au chaud en nommant cette marque. Tadam!

Les influenceurs diront que les «J’aime» et les trucs donnés ne paient pas les factures, j’en conviens. Toutefois, je décroche quand c’est enfoncé dans la gorge.

Je n’ai aucun problème à ce que de la publicité soit à l’origine de certaines publications. Tant mieux si un blogueur reçoit une rémunération décente pour avoir développé une recette avec ladite marque de pâtes. J’ai plus de mal lorsque le blogueur pose devant une pyramide de boîtes de pâtes en me disant que les pâtes sont son repas favori.

Je lisais la semaine dernière la publication Facebook d’un propriétaire d’une plage aux Philippines. Il y dénonçait les nombreuses approches de ceux qui voulaient se reposer et profiter de la vie en échange de visibilité via leur compte Instagram. « Et nous voudrions vous suggérer d’essayer une autre façon de manger, boire ou dormir gratuitement. Ou essayez de travailler », pourrions-nous traduire son message.

À mon tour de jouer les influenceuses; bien prête à profiter du printemps en échange d’une photo de soleil sur mon compte Instagram...