La vérité choque

CHRONIQUE / Êtes-vous plus du genre déprime de novembre ou déprime de janvier? Avez-vous été frappé par le blues du lundi (Blue Monday), tristement célébré le troisième lundi de janvier et élu la journée la plus déprimante de l’année?

Je vous avouerai que mon lundi pourrait être qualifié de journée assez déprimante dans mon historique des lundis.

Grosse journée au boulot, avec une histoire sordide d’agressions sexuelles en famille, que j’ai couverte au Palais de justice de Chicoutimi. Je vous épargne ici les détails, j’en ai assez parlé en début de semaine.

Vous comprendrez que le blues du lundi, je le vis quelques fois par mois, en écoutant les causes entendues devant les tribunaux. Certains croiront que les journalistes n’ont pas de cœur, voire d’émotions, pour publier ou diffuser, jour après jour, des nouvelles plus mauvaises les unes que les autres.

Détrompez-vous. Bien que nous nous forgeons une certaine carapace, certains sujets sont plus difficiles que d’autres, même pour les méchants journalistes.

Il nous arrive de trouver ça lourd, nous aussi, de véhiculer des mauvaises nouvelles.

D’ailleurs, il y a quelque temps, une lectrice nous écrivait qu’on devrait, pour une fois, publier un journal consacré aux bonnes nouvelles.

Ça m’a fait sourire. Non seulement parce que je perdrais ma job, étant donné que je passe mon temps en cour criminelle, mais aussi parce qu’il serait bien difficile de réaliser l’idée, aussi louable soit-elle, de cette lectrice. Parce que le monde et la société ne sont pas synonymes que de bons coups. Et ce serait mentir que de parler que du beau. Un énorme mensonge.

Le lecteur s’attarde souvent aux mauvaises nouvelles, mais en feuilletant les pages du journal, vous en retrouverez, des histoires positives et inspirantes. Allez, faites un petit effort.

Toujours trop de détails

On m’a reproché, plus tôt cette semaine, de donner trop de détails concernant l’histoire sordide d’agressions sexuelles dont je vous parlais plus tôt. Cette histoire impliquait des enfants, alors oui, lire de telles choses, et les écrire n’est pas nécessairement une partie de plaisir. Mais que voulez-vous, c’est ça qui se passe, parfois, devant les tribunaux. Des histoires complètement dégoûtantes, mais qui doivent être divulguées. Pourquoi? Parce que si personne ne le fait, toutes ces histoires passeraient complètement inaperçues et nous pourrions continuer de croire que nous vivons dans un monde de Calinours, de licornes, de lutins ou n’importe quelle créature qui vous fait plaisir.

On n’écrit pas ces histoires pour faire jaser, comme bien des gens aiment le croire. On les écrit pour dénoncer, conscientiser, informer et sensibiliser. Certains mots sont durs, certains détails difficiles à avaler. Mais c’est malheureusement la triste réalité.