Patricia Rainville

La Saint-Jean en convalescence

CHRONIQUE / J’ai sans doute passé la Saint-Jean-Baptiste la moins festive de toute ma vie. Pas d’alcool, pas d’amis, pas de feux d’artifice. Rien pantoute. Je n’ai même pas écouté le spectacle de la Fête nationale à la télé, qui, paraît-il, était particulièrement bon. J’ai compris que c’était la Saint-Jean en regardant sur mon fil d’actualité Facebook et en voyant que mes amis célébraient leur Québec.

Normal, on est en pandémie, me direz-vous. Eh bien, ça n’a rien à voir. Si je n’ai pas célébré la Saint-Jean, c’est parce que je jouais à l’aidante naturelle.

Ma tendre moitié passait sous le bistouri lundi. Je vous rassure : c’était une opération somme toute mineure, mais qui nécessitait une anesthésie générale et une dizaine de jours de convalescence.

Ma tendre moitié n’a rien d’un plaignard. Il n’est pas du genre à chigner lorsqu’il a la grippe et il a connu pire par le passé. Mais je le soupçonne de ne pas avoir bien compris l’ampleur de la chose. Une opération et une convalescence, ça reste délicat.

Je crois que le plus grand problème, c’est que je ne pouvais pas l’accompagner, en raison de la COVID-19.

Un accompagnateur est souvent bien utile, simplement pour écouter les recommandations postopératoires. Pandémie oblige, je devais donc le laisser à la porte de l’hôpital le matin et on est venus me le reconduire en fauteuil roulant cinq heures plus tard, toujours à l’entrée de l’hôpital.

Mon chum a déjà un problème de mémoire en temps normal, alors vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’il n’a retenu aucune des consignes qu’on lui a données en sortant de la salle de réveil.

On lui a bien remis une brochure que j’ai lue attentivement, mais certains conseils ne s’appliquaient pas à sa condition, si bien que j’ai alimenté son saignement en lui cuisinant une bonne soupe chaude, comme le conseillait la brochure...

Résultat : une petite visite à l’urgence s’est imposée quelques heures plus tard, au milieu de la nuit, puisque la situation ne cessait d’empirer.

Finalement, on a réussi à le réchapper (j’exagère).

De retour à la maison, je lui dis que ça semble être plus sérieux comme opération qu’il me l’avait expliqué.

Trente minutes d’opération et cinq jours au repos, qu’il m’avait dit. Finalement, c’était le double dans les deux cas. « Je voulais être positif », qu’il a osé me dire, lorsque je l’ai chicané.

Vraiment une Saint-Jean très agréable.