Patricia Rainville
Le Quotidien
Patricia Rainville
Le parc national du Bic, à Rimouski
Le parc national du Bic, à Rimouski

La revanche des régions (ou pas)

CHRONIQUE / J’avais déjà l’habitude de passer mes vacances au Québec. Sillonner les routes longeant le fleuve à moto, visiter des régions inexplorées, admirer nos paysages, tranquillement installée devant un coucher de soleil, découvrir nos magnifiques parcs nationaux ; bref, me la couler douce ici, chez nous. Jusqu’à cet été, j’étais pas mal l’une des seules de mon cercle d’amis à ne pas traverser une frontière pour me reposer. Alors, en cet été pandémique, je ne vois pas de grandes différences en ce qui a trait à mes destinations vacances. Pour le reste, bien sûr, tout est différent. En commençant par l’achalandage.

Mes petits coins jadis boudés par bien des touristes québécois sont pris d’assaut. Les régions du Québec sont devenues le havre de paix de ceux qui désirent fuir cette pandémie et prendre un peu de repos loin de la grande ville. Ou de ceux qui prennent leurs vacances chez eux, découvrant des attraits jusqu’ici ignorés, bien qu’ils soient situés à deux pas de la maison. Il aura fallu une pandémie pour ça.

Je suis une adepte des parcs nationaux depuis quelques années déjà. J’essaie de tous les découvrir, bien que j’aie déjà mes préférés, que je visite chaque fois que je le peux.

Un coucher de soleil à Kamouraska

J’ai d’ailleurs fait une randonnée le week-end dernier dans l’un d’eux. Il y avait tellement de monde qu’il était impossible de garder le rythme, puisque les sentiers ne sont pas toujours très larges. Je suis du genre à apprécier me promener seule en forêt, sans devoir dire « bonjour » à 40 marcheurs à la minute. On repassera cette année pour la tranquillité.

D’un côté, c’est vraiment super : les industries touristiques régionales craignaient une saison morte cet été. Et je suis absolument ravie pour ces entreprises qui auront réussi à garder le cap. Je suis aussi ravie qu’on regarde enfin ce qui s’offre à nous, dans les régions dites éloignées. Nous avons des panoramas absolument magnifiques, à quelques dizaines ou centaines de kilomètres de la maison à peine. Profitons-en.

D’un autre côté, on voit des scènes désolantes de terrains de camping et de plages souillés par des touristes mal élevés.

Le parc national du Fjord-du-Saguenay

La Gaspésie est littéralement bondée. Il y a pratiquement un bouchon de circulation en arrivant à Percé, imaginez. Natashquan doit battre des records de visiteurs, si je me fie seulement à mes connaissances qui ont choisi la Côte-Nord comme destination vacances.

Bien contente d’y être allée l’été dernier, alors qu’il n’y avait pas un chat, ou presque.

Je suis peut-être trop solitaire. Peut-être qu’égoïstement, ces grands espaces où j’avais la paix me manquent.

Le parc de la Pointe, à Rivière-du-Loup

Je suis bien prête à les partager, mais, de grâce, chers touristes, ramassez-vous et respectez un peu ceux qui vous accueillent à bras ouverts. Parce que certains semblent littéralement avoir oublié leurs bonnes manières durant ce trop long confinement. Les régions du Québec n’ont pas à en faire les frais.