Greta Thumberg

La faute au père Noël

CHRONIQUE / J’ai l’impression que certaines personnes voient les changements climatiques comme s’il s’agissait d’une religion.

Oui, c’est en plein ça, me diront plusieurs d’entre vous, heureux que je partage votre point de vue. Je vous arrête tout de suite.

Mon impression vient de ceux qui ne « croient » pas au réchauffement de la planète. Comme s’il s’agissait d’une simple croyance. Pire encore, d’une lubie passagère.

« Crois-tu aux changements climatiques, toi ? », est une question qu’on entend encore aujourd’hui. Vous me demanderiez si la fonte des banquises est la faute au père Noël et je n’en serais pas moins étonnée.

Il y a de ces choses que je ne comprendrai d’ailleurs jamais.

Je ne comprends pas qu’un premier ministre d’une province aussi développée que la nôtre refuse de participer à la Climate Week comme s’il s’agissait d’un bal masqué ou d’une simple frivolité.

Je ne comprends pas que le président d’un pays aussi puissant que les États-Unis croit dur comme fer que le réchauffement climatique est une simple invention.

Je ne comprends pas que des gens intelligents voient certains militants écologistes comme des prêcheurs un peu illuminés.

Prenez cette jeune Greta Thunberg, par exemple. On entend, depuis des mois, mais un peu plus fort depuis des semaines, que l’adolescente devrait plutôt retourner sur les bancs d’école. On entend aussi des attaques absurdes sur son air sérieux et sur son état mental, comme s’il s’agissait d’arguments valables. Mais si vous écoutez bien son message, qu’elle tente de véhiculer aussi fort qu’elle le peut, vous comprendrez qu’elle ne fait que demander aux gens d’écouter les scientifiques. Si on ne peut plus se fier à la science, dites-moi, mes chers concitoyens, à qui peut-on se fier ?

Probablement que cette jeune Greta vient bouleverser le confort et les croyances de certains d’entre vous. Probablement que ce n’est pas agréable, pour l’élite mondiale, de se faire chauffer le cul par une adolescente. Je les comprends, les hauts dirigeants. Ça doit être un peu tannant, en effet.

Personnellement, je la regarde aller depuis le début de l’été, cette Greta Thunberg. Et je la trouve pas mal inspirante. Parce qu’à son âge, je vais vous le dire, j’étais pas mal plus préoccupée par ce que j’allais porter le lendemain que par le sort de notre planète. À son âge, je ne cherchais pas un moyen de me rendre à New York en émettant le moins possible de gaz à effet de serre. Je me demandais plutôt comment j’allais bien faire pour me vieillir, histoire de m’acheter de la bière au dépanneur. Dans le fond, j’étais un peu comme bien des gens. Je m’en sacrais comme dans l’an 40.

Heureusement, mon petit cerveau d’ado s’est amélioré avec le temps. Et j’ai appris à faire confiance à la science. C’est elle qui le dit. Pas moi. Pas Greta. La planète se réchauffe. C’est tout. Et de voir une fille de 16 ans porter cet immense message sur ses menues épaules me donne espoir en notre belle jeunesse. Parce que cette jeunesse a quelque chose à dire.

On devrait peut-être l’écouter.