La « magie » des Fêtes

CHRONIQUE / Chaque année, je me fais prendre. Je remets mes achats de Noël au plus tard possible et j’affronte les hordes de consommateurs les 21, 22 et 23 décembre. J’y vais même parfois le 24, avant le réveillon. Je me magasine une mauvaise humeur. C’est que chaque année, je me dis que je ferai moins de cadeaux. Que je ne me ruinerai pas, comme à toutes les fois, où j’arrive dans les temps des Fêtes complètement à sec.

Mais chaque année, j’achète un cadeau, puis un autre et encore un autre pour terminer avec une trentaine de présents à emballer. Et pourquoi pas un petit cadeau d’hôtesse par ci, une petite pensée pour un autre, une surprise pour le petit de mes amies et hop, ma carte de crédit s’emballe.

Chaque année, je me dis que c’est la dernière fois. Mais chaque année, je me sens trop coupable d’arriver les mains vides et ma résolution prend le bord.

Imaginez ce que les Fêtes représentent pour ceux et celles qui n’ont pas les moyens d’offrir des présents à leurs proches. Imaginez l’angoisse que cette période doit susciter pour bien trop de gens.

La bouffe, le coiffeur, les cadeaux, l’alcool, les vêtements, les décorations ; il est facile de tomber dans le piège des dépenses folles durant la période des Fêtes. Et c’est sans compter les déplacements entre les différentes réceptions, séparées par des kilomètres de route.

On commence le congé des Fêtes déjà épuisés, alors qu’il devrait s’agir d’une période de repos et de célébrations.

Je me suis d’ailleurs demandé, cette semaine, alors que je me parlais intérieurement pour ne pas céder à un excès de rage sur le stationnement du centre commercial, si j’aimais encore Noël. Cette période que j’ai tant adoré petite, alors que mon grand frère et ma grande soeur quittaient leur grande ville pour venir passer leur congé en région. Je me souviens des lendemains de réveillon, où je me levais très tôt pour jouer avec mes cadeaux. J’étais la seule qui n’avait pas la gueule de bois et qui pouvait profiter des lendemains de Noël.

Je me souviens surtout qu’enfant, je n’avais rien à m’occuper, ni à acheter, ni à prévoir, ni à planifier.

Pas de magasinage, pas de vaisselle, pas de cuisine, pas de route. Je n’avais strictement rien à faire, mis à part en profiter, manger et dormir. À bien y penser, c’est cette insouciance de Noël qui disparaît lorsqu’on vieillit que je voudrais retrouver.

Mais bon, à moins que je gagne à la loterie ou que je sois couronnée reine d’Angleterre, je crois bien que mon rêve ne deviendra jamais réalité.

Alors comme chaque année, je vais payer ma carte de crédit jusqu’à l’année prochaine et revenir au travail encore plus épuisée que lorsque je l’ai quitté.

Passez une belle période des Fêtes quand même ! patricia rainville