Junkie sans le savoir

CHRONIQUE / Je vous rassure, n’appelez pas mes parents, il n’y a aucune drogue d’impliquée, et ce, même si le cannabis est légal depuis 10 jours.

Je m’autodiagnostique junkie de sucre ! Et pire : junkie de sucre sans le savoir.

Parce que je croyais, jusqu’au supplice que je me suis infligé, que mes envies culinaires ne donnaient pas dans le sucré, mais plutôt dans le salé.

Disons que j’ai très peu de volonté devant craquelins et croustilles.

À chacun sa dépendance !

Il est partout ce satané sucre. Et sous plusieurs formes : maltose, lactose, dextrose, fructose, saccharose et galactose.

C’est un peu la belle-mère des aliments nocifs. Comme elle, sans invitation, il débarque !

Alors que ma collègue m’invitait à relever le défi d’une semaine sans sucre, je me disais que l’exercice serait si facile. Belle naïveté !

Pour les besoins de la cause, l’exercice s’est déroulé de dimanche à jeudi. Je ne vous ferai patienter guère longtemps. Quel échec lamentable !

Au point de vue de la cuisine, ça se déroulait relativement bien. Je n’ai réalisé qu’une recette contenant du sucre, de la cassonade pour être plus précise. Deux petites cuillères, tellement peu, qu’on n’en voit pas la nécessité de les omettre. Et pourtant !

Voyez-vous, dans mon cas, la problématique du sucre n’était pas causée par des ajouts de ma part.

Le sucre est bel et bien présent, dans ma petite maison, sans que j’aie eu conscience de sa présence.

Premier matin : je commence en force en me rappelant que le défi sera facile. Le sucre est dans le pain, sur la confiture. Autre option : le yogourt. Un autre sucre caché. Celui-ci devrait se dire aromatisé au sucre plutôt qu’à la mûre. Disons que le premier ingrédient est beaucoup plus présent que le deuxième.

La seule bonne nouvelle du petit-déjeuner, c’est que je prends mon café sans sucre.

Dans cet exercice sans sucre, j’ai eu l’impression de me lancer dans une chasse aux sorcières.

J’ose à peine imaginer le quotidien de jeunes vivant avec des allergies et celui de tous les parents qui deviennent, sans en avoir le choix, des experts du défrichage des hiéroglyphes que sont les étiquettes nutritionnelles.

Je me permets de comparer des pommes avec des oranges.

J’espère voir autant de gens se mobiliser contre l’omniprésence du sucre dans notre alimentation que ceux qui l’ont fait lors de la légalisation du cannabis.

Après tout, les deux ont ce pouvoir addictif... Annie-Claude Brisson