Patricia Rainville

Je serai obéissante

CHRONIQUE / Il y a un mois de cela, j’écrivais dans cette page souhaiter que le masque devienne obligatoire dans les lieux publics. Voilà qui est fait. Le Dr Arruda a sans doute lu ma chronique.

Si j’espérais que le masque devienne la norme dans les endroits clos, c’est que j’en avais un peu marre de me demander, avant de rentrer dans chaque commerce, si je devais me couvrir le visage ou non. L’humain est un être qui aime imiter et, généralement, il préfère être dans les rangs. Alors, constater qu’un infime pourcentage de gens portaient le fameux masque n’encourageait pas tellement les autres à en enfiler un. Traitez-moi de mouton si vous voulez, mais à un moment donné, des décisions doivent être prises et aussi bien que tout le monde soit sur le même pied d’égalité.

Dès aujourd’hui, vous devrez vous couvrir le visage lorsque vous ferez vos emplettes. Vous devrez aussi porter le masque lorsque vous vous déplacerez dans un restaurant ou à l’hôtel. C’est comme ça. Force est d’admettre qu’on est rendus là.

Je ne m’obstinerai pas avec les commerçants pour éviter de me couvrir le visage dans les lieux publics. Je ne m’empêcherai pas d’aller acheter ce dont j’ai besoin sous prétexte que c’est donc plate, mettre un masque. Je vais même aller encore au resto.

Je ne crierai pas « libertéééééé ! » en brûlant mon masque. Je serai obéissante, comme l’avait si bien dit la ministre de la Sécurité publique, au printemps.

Ça ne me tente pas tellement de vivre un deuxième confinement. Même si je suis très bien passée au travers du premier. Certains l’ont vécu plus difficilement que d’autres. Les personnes âgées, par exemple. Confinées dans leur petite chambre de résidence pour aînés durant des semaines, sans pouvoir en sortir ni même recevoir de la visite. Ces personnes l’ont trouvé difficile, le printemps 2020. Et vous savez quoi ? S’il y a une deuxième vague, ce seront eux qu’on reconfiera en premier. Les vulnérables. Ce sont eux qui verront leur liberté reléguée au confinement. Même chose pour les entrepreneurs, dont certains ne sont pas passés au travers. Des clés sous les portes, il y en a eu et il y en aura encore. Imaginez si les restaurants, bars et commerces doivent fermer à nouveau.

Ils viennent à peine de retrouver un semblant de vie normale. Peut-on leur donner une chance ? Et si le prix à payer pour éviter un second confinement, c’est de porter un bout de tissus au visage, soit. Ce n’est quand même pas si horrible.

Voyez le bon côté des choses. Vous avez un peu d’acné ? Pas grave, troquez le fond de teint pour le masque. Votre barbe est mal taillée, mais vous manquez de lames de rasoir ? Pas grave, ce sera ni vu ni connu sous votre masque. Vous avez mangé de l’ail pour dîner ? Aucun problème, mettez votre masque.