Je ne suis pas ton amie (virtuelle)

CHRONIQUE / Ma présence dans l’univers médiatique depuis un peu plus d’une décennie m’amène, chaque semaine, à accepter de nouveaux amis, non pas dans la vraie vie, mais plutôt dans l’univers virtuel de Mark Zuckerberg qu’est Facebook.

Quelques fois, j’ai droit à, comment dire, des surprises de la vie. Rien de grave, tout cela se gère en quelques clics de souris et avec quelques explications. Retirer de la liste d’amis, quelle belle option que Facebook propose ! J’ai même dû à quelques reprises bloquer certains personnages, mais rien de majeur, je vous rassure.

Certains me proposent de créer un compte professionnel. Une idée que je n’achète guère. À mes yeux, cela serait plus que pompeux. Je laisse ça aux grands journalistes et aux Véronique Cloutier de ce monde.

D’autres me conseillent bien simplement de n’accepter aucun inconnu dans ma liste d’amis Facebook. Bien vrai !

Toutefois, je préfère, de loin, prendre le risque de naviguer avec quelques hurluberlus, de temps en temps. Toujours en mode travail, j’accepte tout bonnement les nouvelles amitiés virtuelles en me disant que c’est probablement un lecteur ou simplement une personne qui désire me faire part d’un sujet ou d’une problématique.

De manière générale, les discussions effectuées derrière le clavier se déroulent bien.

Toutefois, je remarque certaines amitiés qui sont motivées par autre chose que le travail et le papotage.

Il s’agit de ces personnes qui ont leur propre « entreprise », le fameux marketing de réseau.

Loin de moi l’envie de vous critiquer ou de juger votre démarche, c’est plutôt l’approche de certaines personnes qui m’irritent au plus haut point.

Voyez-vous, je comprends vos intentions lorsque vous devenez mon ami virtuel et que je vois l’entreprise pour laquelle vous travaillez.

Produits de beauté, outils de cuisine en plastique ou parfums d’ambiance pour la maison ; vous êtes nombreux à nous vendre vos produits et vos solutions miracles dans l’objectif de décrocher le véhicule de l’entreprise ou le énième voyage récompensant vos ventes.

À travers toutes vos démarches d’entrepreneur, vous oubliez une chose fort importante : la politesse.

Vous nous approchez, trop souvent, sans les salutations d’usage. Et pourtant, un petit « Bonjour » ne vous rendrait que plus sympathiques et moins « vendeurs ».

Qui êtes-vous pour devenir notre ami virtuel et nous proposer de perdre 5-10-15 livres ou un truc miracle pour raffermir telle ou telle partie de notre corps ?

N’oubliez pas que nous n’avons rien demandé.

Est-ce qu’un dentiste arrête, en pleine séance de magasinage, une personne qui a des problèmes de dentition pour lui suggérer ses services ?

Je ne crois pas.

Croyez-vous qu’un dermatologue aborde, au coin de la rue, une personne souffrant d’acné pour régler son problème ?

Je ne crois pas, non plus.

Vous me direz que bien des gens font un bon travail à travers ces nombreux systèmes de vente qui pullulent sur les réseaux sociaux. J’en conviens. La vie est ce qu’elle est ; la minorité dérangeante fait souvent mal paraître le reste du groupe.

Je vous rassure, il n’y a aucun problème à m’écrire via les réseaux sociaux, sauf si vous vendez quelque chose... Annie-Claude Brisson