Je n’ai pas eu le mémo

CHRONIQUE / Permettez-moi d’être familière. Groupe, faut qu’on jase !

Depuis quelques mois, il n’est pas rare, comment dire, que je pogne un deux minutes. Vous savez, ce sentiment d’incrédulité, celui qui nous brasse, celui où on se dit « ce n’est pas possible ! ».

Ce Waterloo s’atteint, de manière générale, sur les réseaux sociaux. Ah ! Tiens donc, on tient quelque chose.

Visiblement, je n’ai pas reçu le mémo mentionnant que les bonnes manières avaient sacré l’camp au profit de la haine gratuite !

J’ai souvent cette envie folle de procéder à l’énucléation de mes deux précieux yeux.

Je vous donne un exemple et Dieu sait que les exemples du genre pullulent sur les réseaux sociaux. Ils sont souvent davantage gratuits, violents et haineux. Pas besoin d’être Bruno Gagné ou Poupou pour en trouver.

J’ai lu sous une publication d’actualité : « Je vous souhaite de faire faillite ».

Doux Jésus ! Certains utilisateurs du réseau social de Mark Zuckerberg ont la réplique qui est tout sauf tendre.

Je me confie à vous, j’ai déjà souhaité qu’un automobiliste au pied pesant et bruyant se fasse intercepter. Hé oui ! Une vraie langue de vipère.

Toutefois, je n’ai jamais souhaité la visite d’un huissier chez quelqu’un.

J’ai aussi lu de mes propres yeux, « ils peuvent ben se pendre ! ».

Oh ! On vient de me confirmer que j’ai atteint mon Waterloo, encore...

Peu importe les exemples, dites-moi à quel moment un être humain devient inconscient et/ou méchant au point de banaliser autant de haine et de violence.

Comment peut-on en venir au point de souhaiter que des personnes perdent leur emploi, n’arrivent plus à boucler leur budget et remettent les clés de leur maison à la banque.

Vous me trouvez intense ?

Et pourtant, c’est la simple continuité logique de la faillite d’une entreprise...

J’y suis allée d’un exemple bien anodin. Heureusement, la matière première est omniprésente pour les marabouts du Web. Le Canadien de Montréal, la politique et Hubert Lenoir et son trophée dans sa bouche sont quelques-uns des aimants à haine des dernières semaines.

J’ai toujours comparé Facebook à un gros salon. Diriez-vous à votre mari, votre femme, vos enfants ou la visite, bien assis dans votre La-Z-Boy : « Je vous souhaite de faire faillite » ou encore mieux « ils peuvent ben se pendre ! » ? Si oui, prière de ne pas m’inviter dans votre beau gros salon...