La région a reçu plus de 30 centimètres par endroit mercredi et jeudi.

Gentils Samaritains

CHRONIQUE / Ceux qui étaient en relâche, en congé ou en voyage cette semaine l'ont échappé belle. Ç'a commencé mercredi matin avec de la pluie et ça s'est poursuivi jusqu'à jeudi soir. Le froid s'est ensuite mis de la partie. Une vraie belle grosse tempête. J'aime bien l'hiver. Je me plains rarement de la neige, du froid ou du verglas. Mais mercredi, comme bien des gens, je m'en serais bien passé.
Je travaillais en soirée, mercredi. À 23h, pas fâchée d'avoir terminé, je rêvais de me plonger dans un bon bain chaud. Il y avait au moins 1000 centimètres de neige sur le stationnement du journal et ce que je redoutais arriva. Impossible de déplacer mon satané véhicule. En bon québécois, j'étais «fourrée» pas à peu près. Et comme toute bonne fille, je n'avais pas de pelle dans mon coffre. Je rentre donc au journal, dans l'espoir que quelqu'un me vienne en aide. Mes collègues sont dans le «rush» de fin de soirée, ils en ont déjà par-dessus la tête. Je me dirige donc vers les presses, où je me doute bien qu'un gentil Samaritain aura une pelle à me prêter.
Mieux que ça, les pressiers sont en pause et deux d'entre eux me proposent de venir m'aider. Même pas besoin de les supplier. Mais le problème, c'est que nous savons très bien que même si on réussit à déplacer mon auto, elle restera coincée quelques mètres plus loin. Nous entendons alors le déneigeur, qui a commencé son travail de l'autre côté du stationnement. Je mets mes raquettes (j'exagère, mais elles auraient été utiles) et je vais chercher le déneigeur pour qu'il vienne de mon côté en premier. Trois hommes s'affairent donc autour de mon auto. Ils pellètent, ils poussent, ils grattent.
Finalement, après 20 minutes de travail acharné, mes bons Samaritains réussissent à délivrer ma voiture de son piège enneigé. Je les remercie mille fois et je me retiens pour ne pas les embrasser.
Je prends donc la direction de La Baie. Comme je m'en doutais, un remblai lourd et dur a été laissé devant mon entrée, ce qui me force à sortir ma pelle. Il est minuit, j'ai les bottes trempées, j'ai le goût de pleurer et je rêve toujours de mon bain chaud. À minuit et demi, je finis par passer la porte de mon appartement. Heureusement, je ne suis pas privée d'électricité comme ç'a été le cas pour bien des abonnés d'Hydro-Québec cette semaine.
Mais le lendemain, je devais être au journal en matinée. Nous avions reçu un autre 1000 centimètres de neige au cours de la nuit. Et imaginez-vous donc que je me suis encore enfoncée dans la neige en arrivant sur le stationnement du journal... Bon, évidemment, mes chers collègues masculins m'ont dit que c'était peut-être la personne derrière le volant le problème. Mais je tiens à spécifier que je n'ai pas été la seule à rester prise au cours de ces deux journées infernales.
Cette fois-ci, c'est mon chef de nouvelles en personne qui est venu à mon secours. Il ne s'est pas cassé la tête et il a poussé mon auto avec le parechoc de son Jeep.
«Est-ce que ç'a brisé ton auto?», qu'on m'a ensuite demandé.
«Je m'en sacre pas mal, je n'ai même pas regardé», que j'ai répondu.
Vraiment, je ne sais pas comment je m'en serais sortie toute seule cette semaine, sans ces gentils messieurs qui n'ont pas hésité une seule seconde à me venir en aide. Qui a dit que la galanterie était en voie d'extinction?